Une création mourante : Corps et sang

rubrique 3: corps et sang

  • Y aurait-il un problème avec vos implants Directeur ? demanda Ulrika, souriant toujours.
  • N.… n… non Re… Représentante. Au… aucun.
  • Voulez-vous changez votre prix ?
  • Je… je n’en ai aucun droit. Le président…
  • A été formel, n’est-ce pas ? vous devez lui rapporter un Don pour lui et ses chiens. Ulrika eu un petit rire tout en buvant une gorgé. Ne vous inquiétez pas Directeur. Vous ne risquez rien à rapporter cette demande. Pas vous.

Il déglutit péniblement.

  • Bien sûr Représentante.
  •  Parfait. Comprenez que les liqueurs que nous demandons doivent être de qualité… aristocratique pourrait-on dire, autant qu’un cru puisse l’être bien entendu. Si jamais vous trichez sur cela, non seulement notre contrat sera rompu, mais vous vous serrez mis à dos les lignées, ce qui n’est pas vraiment… conseillé.

En fin de compte, se dit-avec amusement Ulrika, Les implants mécaniques ont une utilité. La plupart ont du mal à rester debout à ce niveau de la discussion.

  • Je comprends, Représentante.
  • Dans ce cas, tout est réglé. Vous verrez avec les marchands des lignés combien nous verserons à votre compagnie chaque mois. Après cela, il vous restera 48 heures Cital pour résilier le contrat sans pénalité. Après ce délais… eh bien, disons que cela ne sera pas plaisant pour vous.

Ulrika prit une dernière gorgée qu’elle fit lentement tourner dans sa bouche.

  • Bonne journée Directeur. J’espère que nous ne nous verrons plus jamais.
  • Bonne journée, couina avec un bruit de métal son interlocuteur qui quitta, presque en courant, le bureau sans demander son reste.

Il était stupéfiant de voir qu’à chaque fois, les compagnies intermondes semblaient découvrir le prix à payer pour le Don des lignées. Comme toujours ce sera de jeunes descendants qui boiraient la liqueur des membres de la compagnie. Les habitudes nutritives de ceux-ci les rendent souvent assez immondes à la consommation.

Ce sacrifice n’était qu’un moyen de leur faire comprendre l’importance de ce qu’ils demandaient. Surtout que c’était la vie des membres du conseil d’administrations qu’ils devaient payer et non celle de simples employés. On ne devenait pas membre des lignées sur simple demande.

Ulrika espérait sincèrement que la compagnie transnerienne excepterait. Non seulement les sources habituelles de boisson commençaient à ne plus suffire pour sustenter les lignées fidèles au conseil, mais surtout elle rêvait de gouter à nouveau à du Patryn. Ceux-ci commençaient à être de plus en plus rare.

La représentante reposa son verre maintenant vide de sang et mordilla ses lèvres de ses longues canines.

Il faudra agrandir les salles de récoltes de la citadelle. Cinq million cinq d’humains en plus à saigner par mois, cela allait demander une certaine logistique.


des Rats et des Hommes

Le rat convulsait.

Ses pattes tressautant avec régularité, il bougeait au rythme effréné de la danse macabre de l’affamé qui venait de faire bombance. Couinant d’un gargouillis trop plein, il se tordait[qC1] dans le vain espoir de se dévorer lui-même.

Enfin, le rat vomit trippes et boyaux avec la grâce du mourant, et trépassa.

Madrite se cala sur le mur rugueux et froid derrière lui, eut un rire hoquetant puis s’essuya maladroitement le visage du trop-plein de glaire blanchâtre.

Non, la faim des rats, voilà quelque chose de profondément envoutant. Leurs couinements tels des râles mourants, leurs mouvements frénétiques, la faculté des forts d’attaquer les plus faibles ensembles puis de s’entre-dévorer gloutonnement…

Et l’addiction du survivant pour la chaire de rat, magistral !

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  •  Madrite Martjan vous êtes convoqué devant cette cour pour actes contre nature, sorcellerie, agressions, mutilations aggravées et meurtre par négligence. Vous serez jugé par la justice des dieux et des hommes et au nom de tout ce qui est sacré.

Derrière son pupitre, il regarda l’accusé, petit, plus mince que mince, la peau qui n’avait clairement pas assez vu la lumière de l’astre, presque délavée. Ses cheveux noirs et gras rabattus sur un visage aux yeux trop grands et aux lèvres trop fines. Sa croissance arrêtée trop tôt, il entrait dans l’âge adulte, mais donner un repère plus précis semblait ardu, quand bien même il vagabondait à Malgrad depuis l’aube de sa vie.

Le vieux Cutil, dévoué maire du bourg de Malgrad, honorable juge et grand législateur communal, avait une folle envie de faire payer avec supplément l’adolescent pour le calvaire d’avoir dû réunir la cour du village. Il avait vainement espéré que les deux semaines légales de cachot avant procès l’auraient transformé en cadavre, mais non ! On ne lui avait donné ni eau ni nourriture et c’est à peine s’il avait maigri. Certes, il était déjà famélique avant d’être enfermé, mais quand même, c’en était indécent !

  • Premièrement, vous êtes accusé d’acte de profanation envers monsieur Courois.

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