Une après-midi de juillet

Bonjour tout le monde! Aujourd’hui, je poste une « nouvelle instant » que j’ai écrite en cours d’écriture. Bonne lecture!

Il y avait une petite maison, tout près d’un bois et d’un lac. Le même lac où Johanna allait se baigner avec ses deux cousines quand elles étaient enfants. Elle adorait s’y rendre. Une après-midi de juillet, alors qu’elles s’amusaient toutes les trois, Johanna aperçu un écureuil. Ce souvenir la marqua car c’était la première fois qu’elle en voyait un, alors qu’elle vivait depuis toujours à la campagne. Elle n’avait jamais vraiment fait attention au paysage qui l’entourait. Comme il était trop loin pour le voir distinctement, elle se rapprocha, doucement. Sans faire de bruit. Et sans s’en rendre compte, elle laissa ses deux cousines seules au lac. Ce jour-là, elle se perdit dans le bois.

     Elle ouvra doucement la porte de sa
chambre, entra puis aperçut son chat qui dormait paisiblement sur son lit. Elle
désirait aller vers lui pour caresser sa fourrure qui lui paraissait être d’une extrême douceur. Le chat formait une boule, il
ne bougeait plus. Il n’y avait que son ventre qui allait tout doucement de haut
en bas ; il se reposait. Elle referma sa porte, et se dirigea vers le
félin pour s’installer à ses côtés, sans un bruit. Elle se mit à réfléchir en
regardant par sa fenêtre, d’où elle pouvait apercevoir le lac et le bois. Elle
repensa alors à tous les moments passés avec ses cousines. C’était il y a 3
ans, se dit-elle, la dernière fois où nous y sommes allées… Je devrais en
parler à maman. Mais comment relancer le sujet. Elle entendit d’un seul coup un
petit bruit ; son chat ronflait. Je voudrais me réincarner en toi,
dit-elle. Les chats, ils n’ont pas de problème, ils ne se posent pas de
question. Pourtant, ce chat donnait l’impression d’avoir tout un tas de soucis
sur le dos, car de temps en temps il lâchait un soupir. Elle posa sa tête à
côté de lui, et l’observa dormir. Elle se rapprocha de plus en plus, jusqu’à
sentir la fourrure de son chaton sur le bout de son nez. Cette sensation lui
parut agréable, si agréable qu’elle n’eut plus envie de bouger. Elle voulait
rester là pour toujours, car elle s’y sentait en sécurité.

     Une jeune fille en pyjama rose, coiffée
d’une queue de cheval, était allongée sur son lit, et regardait avec insistance
son chat. Elle semblait être ailleurs. La chambre était grande, décorée de
photos, dessins, bougies. Une fenêtre apportait de la lumière à la pièce. Par
cette fenêtre, on pouvait voir le jardin, où s’épanouissaient des fleurs. Et,
au loin, on voyait un lac et une forêt. Cette forêt sombre qui contenait tant
de secrets. Je devrais le dire, se dit-elle. Je devrais en parler à maman. Elle
regarda son chat, et alors qu’il dormait, elle se mit à lui parler, comme si
c’était sa mère. Comme pour s’entraîner : « Maman, je dois te parler.
Il y a trois ans, au lac… » mais elle s’arrêta. Elle n’y arrivait pas.
Elle se demandait s’il fallait vraiment le dire. Ça ne changerait pas grand-chose,
c’est vrai. De toute façon, pensa-t-elle, elle ne pourrait rien faire
désormais. Pourtant, c’était une chose qu’elle n’arrivait plus à garder.
C’était trop dur. Elle prit alors une décision :
écrire une lettre à sa mère, qu’elle donnerait le soir même au dîner :

« Maman,

Il y a trois ans, je
me suis perdue dans le bois, tu te souviens ? J’étais avec Charlotte et
Anna. J’avais vu un écureuil, et j’étais partie toute seule. Je n’ai jamais
réussi à vous expliquer pourquoi c’est si tard
que vous m’avez retrouvé car j’étais sous le choc. Je n’avais pas les mots. Et
ensuite, j’avais si mal que je ne voulais plus revenir là-dessus, mais surtout
j’avais peur. Peur que cela recommence. Peur qu’on se venge parce que j’avais
parlé. Dans le bois, lorsque je me suis perdue, j’ai trouvé une petite cabane.
Moi, sur le coup, j’ai cru que c’était simplement un endroit où un chasseur
logeait, ou je ne sais quoi d’autre. Je n’avais pas peur. Tu sais, je n’ai
jamais eu peur de rien. Ni des monstres sous le lit, ni des araignées. Rien de
rien. J’ai continué d’avancer. La nuit commençait à tomber, pourtant je n’avais
toujours pas peur. C’est à cet instant que j’ai croisé un homme, juste à côté
de cette petite cabane. Il m’a demandé alors ce
que je faisais toute seule dans le bois, je lui ai répondu tout simplement que
j’étais perdue. Il avait l’air si gentil, tu
sais. Je me disais qu’il allait pouvoir m’aider. Il m’a dit de rentrer dans la
maisonnette pour que l’on puisse t’appeler. Alors je l’ai suivi. J’étais naïve,
car il n’a pas pris son téléphone, mais d’abord mon bras, puis mon cou. Il
était agressif envers moi, alors que je n’avais rien fait. J’étais juste perdue
et seule. Il m’a fait du mal, maman. Je n’ai jamais pu te le dire, car avant de
me jeter dehors, il m’a dit de ne jamais en parler, ou sinon j’aurais de gros
problèmes. Il m’a fait si peur. J’ai eu peur
pour la première fois. Il disait qu’il me retrouverait si j’en parlais. Alors
je n’ai rien dit. J’ai marché longtemps avant de vous retrouver dans les bois
avec vos lampes torches. Je pleurais, mais je n’ai rien dit.

Je suis désolée, maman. »

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