Texte court : Question de proportions

Wrian, Wroomi et Wriku se tenaient au garde à vous devant le Présidor, le chef suprème des Wryaks, l’espèce extra-terrestre la plus vindicative de l’univers. Tout autant que la plus affligée d’un sévère complexe d’infériorité.

Les responsables de ce complexe ? Les Terriens ! Les Wryaks, après des millénaires à les observer, les haïssaient de toute leur âme. Ces Terriens, avec leur créativité ridicule, leur technologie si inférieure à celle des Wryaks, si portés sur la fainéantise, pour preuve leurs taux de chômage records, chose inexistante sur Wryaka, le joyau de tout l’univers connu : un véritable bijou de compétitivité, la planète où le travail et l’intérêt général étaient rois, et la productivité reine !

Mais bientôt, très bientôt, les Wryaks asserviraient la Terre ; demain, Le Grandiose, Le Divin et Le Superbe, les meilleurs soucoupes de la Flotte Présidorielle seraient lancées à son assaut, et Wrian, Wroomi, et Wriku, les plus gands chefs militaires Wryaks, assujettiraient les Terriens à la toute puissance de Wryaka !

Le Présidor donna son feu vert et sa bénédiction à ses guerriers, et des dizaines de milliers d’hommes embarquèrent dans les vaisseaux gigantesques, direction la Terre.


L’invasion était en bonne voie : Le Grandiose, Le Superbe et Le Divin naviguaient rapidement vers leur destination. Du moins, jusqu’à proximité d’Alpha du Centaure… C’est là que les ennuis commencèrent.

Wroomi appella Wrian et Wriku :
« Le Divin rencontre un problème technique dans son système de propulsion. Nous devons rentrer à la base »

On entendit une voix proche dire « C’est Wradj. Vous lui avez fait remarquer qu’il portait une perruque parce qu’il avait les oreilles décollées, alors il a saboté les moteurs ! »

Wroomi répondit « Vous, taisez vous ! Vous n’êtes que mon second, je ne supporterai pas d’insubordination de votre part ! Et puis, vous êtes beaucoup trop gros ! Sale petit… » La communication fut coupée.
Et, comme annoncé par son commandant de bord, le Divin dû rentrer sur Wryaka.

Wrian ne se tenait pas de joie : Wroomi hors course, quand il assoirait sa domination sur l’espèce humaine, tous les honneurs lui reviendraient ! Il n’aurait aucun mal à se débarrasser de Wriku, l’amiral du Grandiose, ce petit bouffon à talonnettes ! Il se devait de fêter cela comme il se devait ! Il appella l’ordinateur de bord : « Ici le commandant Wrian ! Que l’on m’apporte du champagne ! »
A quoi l’ordinateur répondit : « Désolé monsieur, je ne prends mes ordres que du commandant.

  • Mais je suis le commandant !! » ragea Wrian.
    « – Je regrette, votre nom ne figure pas sur la liste des passagers du vaisseau. J’envoie immédiatement des instructions pour qu’on vous mette aux fers. C’est le sort réservé aux passagers clandestins. »
  • Wrian à fond de cale, il s’ensuivit une mutinerie pour savoir qui commandait réellement Le Superbe. On ignore ce qu’il advint du vaisseau, mais nous pouvons supposer qu’il s’est perdu dans le vide intersidéral, et que la mutinerie dure toujours, à moins que tout le monde à son bord ne se soit entretué…
  • Wriku et Le Grandiose restaient donc seuls en lice pour envahir la planète bleue. La flotte Wryak amputée de deux de ses astronefs, cela n’allait pas être une mince affaire. Mais Wriku avait confiance. Il était clair que les Terriens n’avaient pas l’ombre d’une chance face à la supériorité de l’armement Wryak. Alors que Le Grandiose se rapprochait de sa cible, Wriku rêva qu’une fois la conquète de la Terre terminée, il reviendrait sur Wryaka, trouverait un moyen d’écarter cet imbécile de Présidor et se ferait sacrer Empereur !
  • Son second le tira de sa rêverie : « Nous approchons d’une forte concentration de Terriens, monsieur. Dois-je donner l’ordre d’atterrir ? »
    Wriku opina : « Faites ! Voici l’endroit idéal pour une première démonstration de force ! »
    Une sirène se mit en marche. « Que se passe t’il ? » demanda Wriku. « Un projectile énorme arrive droit sur nous, monsieur ! » « Eh, bien, virez de b… »
    Interrompant Wriku, inopinément, Le Grandiose explosa.

« – Nous retrouvons tout de suite Nelson Monjoie au stand de tir du Bourget. Nelson ?

  • Oui, Pierre ! Ecoutez, it’s amazing here, ici c’est la vraie folie ! Pour cette 33ème édition des Jeux Olympiques d’été, à Paris, en 2024, Jehan Peslenne, le compétiteur français, est en passe de devenir le champion olympique de Ball-Trap ! Ah, attendez, les juges semblent se disputer… l’épreuve souffrirait d’une irrégularité…
  • Vous pouvez nous en dire un peu plus, Nelson ? Nelson, vous m’entendez ?
  • Oui, Pierre, je vous entends… on dirait bien qu’il va falloir recommencer l’épreuve : on nous signale que le dernier plateau n’était pas réglementaire. »
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