Rencontre avec Elise Marie, jeune auteure havraise

Nous avons rencontré Elise Marie, étudiante comme nous à l’université du Havre, afin qu’elle nous parle de son rapport à l’écriture ainsi que de son recueil de nouvelles intitulé Analogies de l’ordinaire, qu’elle a fait publier. Voici ses réponses à nos questions: 

Bonjour Élise. Nous sommes ici pour parler de vous et de votre recueil de nouvelles. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Parler de moi ? Je ne suis pas sûre d’être une personne très intéressante finalement. Je suis étudiante en histoire-sociologie le matin et serveuse l’après-midi. Je suis très proche de ma famille. Je crois que cela se voit beaucoup dans mon livre. Et quand je m’ennuie, je prends mon petit carnet et j’écris.

Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ? Avez-vous toujours aimé écrire ou y a-t-il eu un déclic ?

J’ai toujours écrit dans des journaux intimes ou dans des carnets. J’écris depuis l’enfance, c’est comme un instinct. Je ne regrette pas, car parfois je retrouve mes écrits et j’arrive à me dire que j’étais comme ça, mais que j’ai bien évolué en bien ou en mal. Cela me permet de mieux me comprendre. De plus, je suis une grande nostalgique, alors j’adore me replonger dans mes souvenirs.

Je pense qu’on a tous un art en nous. Pour certains, c’est le dessin ou la peinture ; pour moi, c’est l’écriture.

Il m’arrive aussi de jouer de la musique. Mais je ne m’attarde pas sur le texte et les paroles, mais je vais faire davantage attention aux sons. J’aime créer la mélodie, associer les sons.

Cela vous arrive d’écrire comme cela sans réfléchir ?

Tout le temps. Je ne me dis pas que je dois écrire. C’est plutôt « j’ai une idée, j’écris. ».

Et d’où vous vient cette inspiration ?

Les gens. Les gens que je croise, surtout les inconnus. J’essaie de leur imaginer une vie et parfois cela me donne l’envie d’écrire. La dernière fois, c’était une vieille dame. Je n’ai que pu prendre mon téléphone pour prendre des notes : elle m’avait tellement inspirée !

Avez-vous un moment de la journée pour écrire ?

Quand j’ai le temps. Souvent le soir, la nuit. Je suis une grande insomniaque.

Quand vous vous relisez, vous arrive-t-il d’avoir des moments de doute ou des moments où vous ne savez plus pourquoi vous avez écrit telle ou telle chose ?

Ah oui ! tout le temps ! J’écris beaucoup, alors parfois quand je me relis, je me demande ce qui m’a fait écrire cela. Parfois même, j’ai envie de jeter des notes à la poubelle. Je me dis « C’est nul. »

Pour la petite anecdote, ma mère sort parfois de la poubelle ce que j’y ai jeté. C’est le cas d’une des nouvelles d’Analogie de l’ordinaire

Vous nous avez dit que les gens vous inspiraient. Dans votre livre, il y a beaucoup de personnages féminins très divers. Pouvez-vous nous en parler ?

J’ai toujours eu très à cœur le féminin. J’ai toujours aimé les choses féminines.  J’aime m’habiller, me maquiller. Je veux montrer la féminité pure et propre. N’oublions pas que les femmes et les hommes sont égaux.

Dans Analogies de l’ordinaire, le personnage féminin est parfois fort, parfois soumis. Est-ce que c’est parce que vous défendez les femmes ? Êtes-vous féministe ?

Oui, mais pas le genre de féministe à crier les différences. Une vraie féministe, celle qui veut l’égalité, la vraie, entre l’homme et la femme.

J’ai connu dans ma vie des hommes dominants. Je voudrais dire à la femme de se bouger quand il le faut. Ce n’est pas toujours facile, mais il le faut. Il y a encore un grand combat à mener, et c’est pour cela qu’il ne faut pas céder.

Pour vous, qui est le modèle de la femme qui écrit ?

J.K. Rowling sans hésitation : le premier livre que j’ai lu, c’est Harry Potter. Sinon, Marguerite Duras.

Svetlana fait partie de ces personnages très forts. Elle vit en Russie, mais elle se balade en Louboutin, fière.

Beaucoup de gens font l’amalgame entre la personne et l’endroit d’où elle vient. C’est devenu si fort aujourd’hui que lorsque l’on parle à un étranger, on lui demande d’emblée d’où il vient, sans lui demander qui il est. Il y a dans des pays totalement fermés des gens très ouverts et dans des pays très ouverts des gens très fermés. L’environnement influence la personne, mais l’État ne fait pas la personne.

À la fin de la première nouvelle, celle avec Svetlana, il y a la mention « À suivre… ». Cela laisse penser au début d’un roman.

J’ai écrit 300 pages à partir de cela.

Qu’est-ce qui te plaît dans le genre de la nouvelle ?

C’est facile à lire. C’est facile à écrire. C’est court, et c’est pour cela qu’il faut bien écrire. On peut faire plus attention au style et je la trouve plus facile à maîtriser que le roman.

Je me souviens que Stephen King a écrit qu’il n’arrivait pas à faire des nouvelles et préférait le roman. Il trouvait la nouvelle trop complexe, mais moi je pense qu’il y a juste une concision, qui rend tout important.

Pour moi, une nouvelle, c’est une étincelle de vie. Il faut faire que l’étincelle soit suffisamment lumineuse et jaillissante.

Question sur la publication, cela intéresse beaucoup de gens. Comment avez-vous fait pour être éditée ? Vous avez fait appel à une maison d’édition ?

En fait, c’est une histoire assez amusante. C’est une amie qui m’a provoquée et qui me disait que j’écrivais sans cesse, même lorsque j’étais avec elle. Alors, elle m’a dit « Vas-y, tu publies ? Envoie cela à une maison d’édition. » Donc j’ai envoyé à deux maisons d’édition. Quelques semaines plus tard, je reçois une réponse : « On veut bien vous publier. » J’étais complètement abasourdie, je n’y croyais pas. Un mois après, je reçois une réponse de la deuxième maison d’édition qui, elle aussi, voulait bien me publier. Cela m’a encore plus surprise. J’étais heureuse d’avoir une réponse de cette maison, mais j’avais déjà signé le contrat avec la première maison d’édition, qui en plus, ne m’a pas demandé d’argent, ce qui est vraiment un plus quand on est étudiante.

Merci beaucoup à vous, Élise. C’était un vrai plaisir.

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