Qu’est-ce que l’homme ?

J’ai écrit en préalable à une question pour mes sixièmes :

« 50% des Hommes sont des femmes. »

Devant leur air ahuri, j’ai rappelé que l’on employait encore le mot homme parfois pour désigner l’être humain. Mais ce n’est clairement pas au goût du jour en ces temps de débats autour de l’écriture inclusive ou de la féminisation des noms de métier. Alors mes élèves n’avaient pas l’air franchement convaincus. Donc, en guise d’exemple, je leur ai fait remarquer quand on disait « les hommes préhistoriques », on parlait de femmes aussi parce que sinon, ça n’aurait pas permis de faire des bébés et on ne serait pas là maintenant.

Quelques rires bêtes. C’est mignon à cet âge…

Mais la question de l’égalité filles-garçons se pose toujours au collège, comme avant à l’école, comme après au lycée…

Bien sûr, on ne peut nier des différences de comportement, de fait. Mais il convient de s’interroger sur la différence entre cause et corrélation.

Est-ce parce qu’on est un garçon que l’on est plus agité (par exemple) ? Ou est-ce parce que les adultes disent que les garçons sont plus agités, entérinant l’idée, donc la rendant normale pour l’enfant et plus acceptable pour l’adulte ?

Donc en martelant certaines idées nous les renforçons.

Alors faut-il se poser la question de ce qu’est l’homme ? A vrai dire, je ne me la pose pas vraiment, mes réflexions font suite à la lecture, dans le cadre d’une masse critique privilégiée, de Ce qu’est l’homme, de David Szalay.

« L’homme… L’homme est laid ! » – à entendre avec la voix de Michel Serrault.

Une réminiscence de la tirade, dans Deux heures moins le quart avant Jésus Christ, de César, joué par Michel Serrault donc.

Voici mon avis, non pas sur ce vieux film éculé, mais sur le livre de David Szalay :

Ce qu'est l'homme par Szalay

Ce qu’est l’homme ? Pas ce dont il a l’air au premier abord en tout cas.

Voyez, ce livre s’annonce roman  mais est plus proche du recueil de nouvelles. C’était un point négatif pour moi car ce n’est pas un genre que j’affectionne. Il s’en sort finalement haut la main, d’où les quatre étoiles.

Les histoires proposées ne m’ont pas toutes intéressé mais l’écriture nous plonge dedans, sûrement parce qu’elle s’attache plus à décrire des ambiances, l’état d’esprit du personnage principal, ou des personnages principaux, que l’avant ou l’après, que l’historique de la situation, que l’histoire en fait. Et c’est adapté car il s’agit de nouvelles justement.

Il y a neuf histoires. On part avec un homme jeune, on arrive avec un homme vieux. J’ai été plus sensible à ma tranche d’âge et aux plus vieux, est-ce un hasard ?

Je me suis interrogée à cette lecture : s’agit-il là de l’homme ou de l’Homme avec un grand H ? Selon la quatrième de couv, David Szalay dissèque la masculinité. Mais je dois être assez testostéronée je dois dire car je me suis sentie en phase avec les personnages – ce qui ne veut pas dire proche, ni même en accord avec eux, on est bien d’accord…

Un livre donc de qualité, selon mon jugement, et qui doit plaire aux femmes comme aux hommes, ou aux hommes comme aux femmes, il me semble.

Je remercie Babelio d’organiser masse critique et les éditions Albin Michel d’y participer.

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