Pour l’argent, j’ai perdu ma dignité et toutes mes chances de réussir dans la vie. (Nouvelle)

Partie 1

Il sonnait vingt deux heures trente. Le ciel était bas. Des bourdonnements se répétaient sans cesse. Les éclairs sillonnaient partout. Un vent froid temporisait l’atmosphère; la grande pluie s’annonçait. Je m’empressai de me rendre belle devant mon petit miroir puis accourus rejoindre le vrai bolide qui m’attendait dehors. Le chauffeur, un homme que je voyais pour la deuxième fois me sourit lorsque je pris place à ses côtés. Il démarra sans rien me demander. Le trajet dura une heure de temps. Mais il avait vraiment commencé à pleuvoir avant notre arrivée à destination. C’était un grand manoir construit sur plusieurs hectares. On y croirait dans les super films hollywoodiens. Plusieurs hommes en costume gardaient l’entrée. À bien les observer, je me rendis compte qu’ils étaient armés. J’eus un grand pincement dans la poitrine mais je ne le laissai pas apparaître. L’un d’entre eux s’approcha de la voiture avec un parapluie.

  • Va avec lui. Il va t’accompagner jusqu’au boss me murmura le chauffeur.
  • Merci. Lui répondis-je en sortant du véhicule.

Le garde me recueillit sous son parapluie et me fit rentrer. J’étais bouche bée. C’était la première fois que je venais dans un endroit pareil. Je m’abstins de vous le décrire. Mais sachez juste que c’était une pure merveille. Nous arrivâmes devant une grande porte qui s’ouvrit grandement après que le garde ait scanné sa main. Monsieur Newbell avec qui j’echangeais sur le fameux site internet m’attendait. Il était tout souriant et avait l’air heureux de me voir. Il me souhaita la bienvenue en me baisant la main. Quant au garde, il prit congé de nous.

Monsieur Newbell m’installa dans son somptueux salon. Il me fit apporter des boissons et de la nourriture que je voyais pour la première fois et me demanda de me mettre à l’aise et de faire comme si j’étais chez moi. Je commençai à vraiment le croire lorsqu’il me disait lorsqu’on discutait sur le site internet qu’il était un homme simple et gentil. Je décidai de me relaxer et de faire vraiment comme si c’était chez moi. Pour moi, je venais de tomber sur une proie riche et facile.


Je m’appelle Marie-Thérèse. J’ai vingt sept ans et je suis une orpheline de père et de mère.

J’avais perdu mes parents dans la fleur de l’âge et mon bonheur de grandir dans le cadre familiale s’était vu étouffé dans l’œuf. Je n’avais ni frère, ni sœur ni personne sur qui compter. Mes parents avaient émigré du Sénégal depuis des années bien avant ma naissance. Selon ce qu’ils m’avaient raconté, les deux familles étaient tous contre leur union et pour consolider leur amour, ils avaient décidé de se liguer contre tous ceux qui les empêchaient d’être heureux. C’est ainsi qu’ils quittèrent le Sénégal pour le Togo où je naquis. Malheureusement, ils avaient été assassiné devant moi lors d’un cambriolage à mes douze ans. Je me retrouvai alors à la rue. C’était elle qui m’éduqua. J’avais tôt connu les hommes. Je m’étais livrée à la prostitution. L’argent que j’y gagnais me permettait de survivre. Je me souvenais du jour où j’avais perdu ma virginité. C’était avec un propriétaire d’une cafétéria d’un petit coin. Il m’avait draguée et m’avait proposée une somme de mille francs pour passer du bon temps avec moi. Pensant à ce que je pourrais faire avec cet argent, je fis semblant de refuser dans un premier temps mais j’acceptai finalement sa proposition. Il m’amena le soir dans son petit studio où il me défonça sans même prendre le temps d’y aller en douceur. Cette nuit là, je m’étais sentie très mal par contre j’eus un petit sourire aux lèvres lorsqu’il me remit les mille francs.

Je m’adonnai à cette activité jusqu’à ce que je réussis à louer une chambre. Je la meublai à ma manière et m’enfonçai de plus en plus en la matière. Cette fois ci, je ciblais des grosses pointures c’est à dire, les hommes riches qui pourraient bien payer. Avec l’aide d’un marabout qui réussit à me faire une sorte de savon et d’huile, je ne chômais plus. À chaque fois que je me douchais avec ce savon et que je passais cette huile sur mon corps et que je sortais m’exhiber au dehors, au moins une dizaine d’hommes me faisaient la cour et je sélectionnais ceux qui pouvaient bien payer. Durant une année, je réussis à amasser beaucoup d’argent. Je décidai de reprendre les études du moins décrocher le baccalauréat et améliorer mon niveau en français. Pour cela, je m’inscrivis en cours du soir dans une école de la place. Tout allait comme sur des roulettes jusqu’au jour où je connus Blessing, une jeune femme de nationalité nigériane qui avait le même âge que moi. Nous avions commencé à sympathiser et dans peu de temps, nous avions commencé à se partager nos secrets les plus intimes. C’était dans une de nos discussions qu’elle me fit savoir qu’il existait un site de rencontre sur internet où se trouvaient de richissimes hommes d’affaires et de puissants politiciens. Il payaient très bien. Elle me proposa de me créer un profil sur le site mais bien avant cela, je devais lui payer une somme d’un million de francs parce que là, c’était un autre niveau. Elle me promit aussi de m’apprendre toutes les conduites à tenir avec ces personnalités pour les attirer dans mes filets. Je ne réfléchis pas une seconde avant d’accepter sa proposition. Mon objectif était de devenir riche à tout prix peu importe les moyens employés…

Quelques semaines plus tard, elle me créa le site internet et me Briefa sur tout. C’était là que je rencontrai monsieur Newbell. Un richissime pétrolier. Nous avions beaucoup échangé et il me proposa de passer vingt quatre heures avec lui dans son domaine contre une somme exorbitante de cinquante millions de francs CFA. J’acceptai. Il m’envoya une avance de cinq millions à travers le biais de son chauffeur et me demanda de décider du jour de la rencontre et de lui en faire part. Ce que je fis plus tard…


Moi et monsieur Newbell passâmes de bons moments. Nous discutâmes de rien et de tout. Il apprécia mon histoire que j’avais pris soin de lui narrer sans oublier aucun détail. Il me promit par la suite de me venir en aide.

Il commença à faire nuit. Je savais bien ce qui m’attendait. Ce n’était pas la première fois que je coucherai avec un homme. Alors je me relaxai et me contentai de me saouler pour ne rien ressentir comme d’habitude. Mais une fois devant la chambre à coucher de monsieur Newbell, j’entendis plusieurs voix à l’intérieur. Je m’arrêtai pendant quelques secondes mais bien avant même que je ne réfléchisse, il sortit, me vit. Il me fit rentrer. Une fois à l’intérieur, je tombai face à face sur une quinzaine d’hommes nus qui m’attendaient. Il y en avait même un qui tenait une petite caméra dans sa main.

  • Allez ma chérie, Vas-y, déshabille-toi et allonge-toi sur le lit. Nous allons te faire ta fête cette nuit. Me murmura monsieur Newbell…

Mon cœur battit à se rompre dans la poitrine. Je n’avais jamais fait auparavant ces genres de choses malgré que j’étais une prostituée.

À suivre…

NB : En attendant la seconde partie, dites-moi ce que vous feriez si vous étiez à la place de Marie-Thérèse…

Ecrit par Koffi Olivier HONSOU alias Verdo Lompiol. (Noveliste togolais).

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