Onirisme technologique parmi les sables rouges : Vermilion Sands de J.G. Ballard

« As the countryside vanishes under a top-dressing of chemicals, and as cities provide little more than an urban context for traffic intersection, the surburbs are at last coming into their own. The skies are larger, the air more generous, the clock less urgent. Vermilion Sands has more than its full share of dreams and illusions, fears and fantasies, but the frame for them is less confining. I like to think, too, that it celebrates the neglected virtues of the glossy, lurid and bizarre. »

Préface de l’auteur

La traduction française parue aux éditions Tristram

Les neuf nouvelles du recueil, sises dans ou aux aux abords de la station balnéaire de Vermilion Sands, prennent pour objets d’étonnantes œuvres d’art (sculptures qui chantent ou poussent, nuages qui grâce à d’habiles planeurs deviennent portraits ou vanités), des technologies paraissant être le fruit d’enchantements (machines à taper des vers parfaits, maisons ou vêtements gardant le souvenir de leur propriétaire), ou des particularités de la faune et de la flore locales (raies des sables volantes, océan de sable sur lequel vogue une flotte de navires, fleurs chantant l’opéra).

Ballard, qui telle une bonne fée donne vie et âme à l’inanimé comme au végétal, mêle ici le merveilleux à la science-fiction pour engendrer un univers utopique et onirique marqué par une beauté jamais exempte d’une certaine noirceur. Un idéal tout d’étrangeté et parfois cruel se dessine à travers ces contes dans lesquels riches héritières, actrices, chanteuses et artistes remplacent princes et princesses ; dans lesquels les couleurs, les rouges et les ocres, le soleil du désert éclatent, les formes, les constructions refusent de demeurer statiques et les musiques jaillissent de toutes parts, jusqu’à la cacophonie.

Vermilion Sands m’est apparu autant comme une réflexion sur le potentiel illimité de la création artistique que comme l’image d’un futur idéal dans lequel les technologies, à force d’extrême sensibilité, s’humaniseraient, à l’instar de ces vêtements traumatisés par le meurtre de leur porteur. Mais avant toute chose, son univers, tout comme la plume avec laquelle Ballard le dépeint, est foisonnant, brillant et d’une beauté incroyable. C’est émerveillé que l’on referme l’ouvrage.

« Your voice may move men to strange and wonderful visions, but it throws that orchid into acute melancholia. »

« Prima Belladonna »

Both comments and pings are currently closed.

Comments are closed.