"Marathon" de Pascal Sylvestre

Aujourd’hui des dizaines de milliers de coureurs se sont lancés sur le marathon de New York, marathon que j’ai couru il y a déjà 9 ans! Alors présenter ce livre ce jour était une évidence!

Quand j’ai vu l’article sur le site collectiondelivres.wordpress.com, je me suis dis qu’une coureuse à pied comme moi devait se plonger dans ces nouvelles. Et je ne fus pas déçue!

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Autrefois réservée à une élite d’athlètes, la distance marathon – 42,195 km – attire désormais des coureurs de tous âges et de tous niveaux. Qui sont les coureurs et quel autre rêve se cache derrière l’exploit sportif ? Au détour de dix nouvelles conçues comme les mouvements d’une même symphonie, Marathon fait le portrait d’hommes et de femmes embarqués dans une aventure qui bouleversera et transcendera leur existence.
D’Angélique, la vieille dame amoureuse de Mimoun, à Bourvil, le bénévole énergique ; de Matthieu, qui prie en courant, à Claire, la jeune femme en quête de repères ; d’André, le stakhanoviste confronté à l’épreuve de la blessure, à Bertrand, l’avocat quinquagénaire égaré à New York, Marathon explore les failles de ces coureurs anonymes et capte avec tendresse la formidable pulsion de vie qui unit les marathoniens.

Je conseille cette lecture à ceux et celles qui courent régulièrement car on y retrouve les ambiances de compétitions, les questionnements sur les entraînements et préparations…Pascal Sylvestre parle des marathoniens, mais aussi des coureurs en loisir, des bénévoles, et de l’entourage…

Ce que j’ai apprécié c’est que Pascal Sylvestre ait mis en mots ce qui se passe dans l’esprit d’un coureur, comment il vit les choses, comment il les ressent. Il a su retransmettre toute l’humanité et la solidarité dont peuvent faire preuves les marathoniens.

Mon seul regret c’est que ces nouvelles soient courtes, et justement que ce soient des nouvelles. J’aurais aimé passer plus de temps avec chaque personnage.

Je vous laisse sur quelques passages qui m’ont fortement parlé.

– Votre rêve derrière le rêve ?
– Je ne sais pas. Peut-être simplement le rêve de conserver mes rêves intacts, ne pas capituler, ne pas perdre espoir. Courir un marathon est un acte de résilience, de combat. On se bat contre la distance mais aussi et surtout contre soi-même, contre l’idée que l’on se fait de ses propres limites, contre la tentation du cynisme. Je crois qu’il y a quelque chose de magnifiquement optimiste dans le fait de courir un marathon. Je l’ai senti de manière très forte en courant New York : Il ne faut pas capituler ses rêves, il faut les vivre jusqu’au bout.

 

En marchant, j’ai repensé à ce que nous nous étions dit, vous savez le rêve derrière le rêve. Vous avez raison, le rêve d’aller au bout des 42 kilomètres n’est que la partie visible de l’iceberg. Nous prenons tous le départ d’un marathon pour réaliser des rêves beaucoup plus précieux et sans doute beaucoup plus profondément enfouis en nous que la seule ambition de repousser nos limites physiques.

 

Les marathoniens ne sont pas des monstres de courage, encore moins des héros, ils pleurent souvent et ne se cachent pas toujours pour pleurer, les larmes font partie de l’aventure.

Oh oui, les larmes…celles qui ont coulé après mon marathon d’Amsterdam n’étaient pas que liées aux efforts fournies.

Courir un marathon est un acte d’amour. Nous avons cette chance de pouvoir entreprendre et mener à bien un projet aussi fou que de courir plus de 42 kilomètres, de le faire avec méthode et discipline mais avec amour toujours.

 

-Pourquoi sommes nous parfois si vulnérables lorsque nous courons? 

-C’est-à-dire? 

-Tu sais bien: on court et puis soudain ou plutôt au fur et à mesure que l’on court…

-le coeur s’ouvre?

-Oui, enfin, le corps d’abord, il me semble que c’est le corps qui crée les conditions…

 

Lors des derniers kilomètres, le marathonien communique à son insu une humanité exaltée, humanité débarrassée, comme nettoyée, de toutes les conventions, de toutes les politesses. D’une certaine manière, il se bat pour sa vie. Il ne pense qu’à une chose: finir, en finir. Et le plus vite possible, si possible….

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