Les vrais enfants des Lumières

En lisant Enlightenment Now, le premier effet est celui d’un soulagement. Comme si l’auteur, Steven Pinker, éteignait le bruit blanc qui m’entoure et m’offrait le silence.

Il s’agit d’une défense des Lumières, de la raison et de l’humanisme qui les caractérisent, de l’avancée des sciences et des techniques autant que des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, face aux courants réactionnaires et irrationalistes, aussi puissants et répandus à gauche qu’à droite, notamment chez les intellectuels et parmi les sciences humaines.

On dira que j’exagère. Je suis continuellement exposée à un discours méprisant et rétrograde, qui considère la modernité, la vie qu’elle nous assure, sa longévité et sa qualité, comme une dépravation, une perte en spiritualité, intelligence, compassion, inventivité, profondeur, raffinement. Cette critique dérive du présupposé selon lequel notre soi-disant progrès est en réalité la plus formidable des régressions, mais seuls les plus avertis s’en aperçoivent – ils commencent tout de même à être nombreux. C’était mieux avant ou ailleurs, l’Occident est la maladie de l’humanité ou, variante, l’humanité la maladie de la planète, notre raison nous exile de nous-mêmes et du monde, redevenons chasseurs-cueilleurs, chamans ou bons patriotes chrétiens/musulmans/bouddhistes/etc. – selon l’obédience politique. Si le retour ne s’opère pas vers les mêmes contrées, il fuit le même lieu : l’ici et le maintenant auxquels nous a portés le mouvement des Lumières. L’important, c’est de reconnaître que la science est l’origine du mal, que la pomme du savoir contient le vers du péché et d’aller brûler Descartes au pied des arbres – prenez le livre que vous voulez à la place, tant qu’il ne comporte pas une formule raisonnable.

L’autre jour, parmi les maisons d’édition dont je suis les parutions, un ouvrage prétendait m’expliquer comment le « rationalisme occidental » nous amenait à laisser mourir les gens dans les rues avec indifférence. Je ne doute pas que l’auteur défendait son point de vue à l’aide justement du « rationalisme occidental ». Sans oublier le racisme de l’expression : y a-t-il des pays ou des peuples privés de raison ? À moins qu’il ne désigne ainsi une forme particulière que la raison aurait prise en Occident, ce qui contredit la définition même de la raison, dont l’exercice et les résultats ne dépendent pas du lieu ni des personnes qui l’appliquent. D’autre part, rien n’a mieux réduit la pauvreté dans le monde que la raison. Non, ce ne furent pas les prières ou les peintures, mais l’observation et l’invention, le savoir préservé et transmis, notre ingéniosité, qui nous ont rassasiés, et ce dès l’époque des chasseurs-cueilleurs et de manière exponentielle depuis. Et que la raison entrave la compassion, j’en doute, cette opposition simpliste entre le cœur et l’esprit a la vie dure, plus on serait bête plus on serait gentil et vice versa, je crois que la nature humaine est un brin plus complexe. Mais je n’ai pas lu le livre et n’inférerai pas plus d’une simple présentation.

Ce bruit est constant. On vient nous dire, dans une version vulgarisée et biaisée du romantisme, mâtinée de Nietzsche et d’Heidegger, que la modernité a corrompu notre nature : notre société sans traditions nous condamne à l’anomie, l’individualisme nous rend tous insensibles, voire sociopathes, la démocratie célèbre la victoire de la médiocrité, confort et santé développent le plaisir des sens et le narcissisme aux dépens de l’esprit et de l’éthique, le manque de religieux authentique amène certains à se réfugier dans le fanatisme, nous sommes de plus en plus seuls et malheureux. Plus de moralité, ni de talent, où sont les grands esprits, la grandeur d’âme, blablabla. Barthes affirme que la langue est fasciste, Foucault réduit l’État moderne à la surveillance de sa police, Agamben abonde : la pandémie a été inventée par ce même État pour ajouter un nouveau tour d’écrou à notre prison – il a aussi averti que notre société était un camp de concentration, Latour nous invite à oublier tout ce que nous savons pour coller notre oreille contre le ventre de la terre mère. Quanta pazienza ci vuole.

Rien d’étonnant à ce que le mouvement irrationaliste vienne principalement des intellectuels. Ils ont une bonne raison de détester la modernité : elle a alphabétisé presque toute la population, menaçant leur privilège, la distinction qu’offraient l’accès au savoir et le temps libre pour penser. Ils se retrouvent parmi trop de gens intelligents et savants pour l’être beaucoup plus et il ne leur reste plus pour faire les malins qu’à mépriser l’intelligence et le savoir.

Mais ce mouvement, comme le souligne Pinker, gagne l’ensemble de la société. Tout en profitant des avantages de la modernité, en appliquant ses principes et en adoptant ses valeurs, dès que nous nous mettons à réfléchir à la société et à l’époque, donc dès que nous adoptons la position de l’intellectuel, nous répétons plus ou moins ces lieux communs de la culture dominante, ce qui peut avoir de graves conséquences politiques si nous finissons par y croire.

C’est pourquoi il est nécessaire de défendre les Lumières, encore aujourd’hui, alors que leurs succès n’ont jamais autant rayonné, et Pinker mène brillamment l’entreprise, en s’appuyant sur des études statistiques de longue durée dans le monde entier et retraçant les tendances de notre histoire commune. J’y vois mes intuitions confirmées, ce que je savais par l’étude et l’expérience, mais que je ne parvenais pas à avancer de manière aussi détaillée et argumentée. Cependant, je suis aussi bousculée dans certaines de mes croyances et rien ne me fait plus plaisir : j’ai appris.

Pour éteindre le bruit blanc, le premier geste, c’est l’irrévérence. Tous les auteurs que je citais plus haut ne doivent pas être interdits de notre bibliothèque (quoique certains…), mais leur prestige ne doit pas nous intimider : il arrive aux gens intelligents de dire des bêtises, même au Collège de France. Nous avons tous nos points aveugles, nos angles morts, l’intelligence consiste à s’en apercevoir, je la définis souvent par l’agilité, la mobilité, la libre combinaison, la liaison et déliaison des éléments. Que certains soient atteints d’un rhumatisme de la pensée ne nous oblige pas, par courtoisie, à leur tenir compagnie, sagement assis. Dans les lettres, nous sommes élevés dans un respect presque religieux du texte qui en vient à prendre une autorité démesurée, surtout à mesure que le temps passe et qu’il entre dans l’histoire.

Pinker commence par critiquer la méconnaissance et le mépris des sciences humaines envers les sciences dures et la séparation dommageable entre les deux domaines de connaissance. Les sciences ne serviraient qu’à maintenir la vie biologique – basse, matérialiste, intéressée –, tandis que les arts et les lettres alimenteraient la vie symbolique – haute, spirituelle, désintéressée. Version moderne de la distinction entre l’utile et l’inutile du romantisme : l’utile occuperait des êtres inférieurs (commerçants, médecins, industriels, etc.) et l’inutile des êtres supérieurs (érudits et artistes), qui reconduit celle entre travail manuel et intellectuel depuis l’Antiquité, le dernier étant réservé aux élites.

Distinction qui n’a pas lieu d’être, pour tant de raisons que je ne vais pas toutes énumérer. Non seulement la première vie est la condition de la seconde, mais il est impossible de les démêler. L’art et les lettres nous interpellent au cœur de notre incarnation – nos sens et nos sentiments. Le détachement de la chair n’est pas un critère d’élévation et aucune de nos créations n’est désincarnée. La science nous fait découvrir la beauté de l’univers et de la terre, qui n’a rien à envier aux plus accomplies des œuvres d’art, les scientifiques et les ingénieurs exercent leur imagination et leur intuition autant que les artistes, bien que de manière différente, et leurs recherches font preuve parfois d’un désintéressement supérieur : beaucoup œuvrent pour le bien de l’humanité et non leur propre renommée. Ayant fréquenté les deux milieux, je ne peux pas dire qu’il y a plus de grandeur d’âme ou d’esprit parmi les uns ou les autres.

Dans la culture dominante, relève Pinker, il est de mise d’être grave et grincheux pour paraître sage. Le pessimisme aura toujours raison : même si tout va de mieux en mieux, il y aura toujours quelque chose qui ira mal. On se complaît depuis deux siècles à nous raconter le déclin de nos valeurs, de nos capacités, de nos passions, à nous annoncer l’apocalypse qui ravalera d’un coup tout le progrès et ce sera justice : ce progrès nous faisait régresser. Contre cette humeur noire et cette bile amère, Pinker préconise l’optimisme des Lumières : la conviction que rien n’est dû à la fatalité, notre sort dépend de notre raison et de notre solidarité, la mise en commun de nos moyens permet de résoudre un à un, au mieux, bien que de manière inachevée, temporaire, les défis que présente notre vie sur terre. Cet optimisme ne s’illusionne pas sur l’état du monde, ni ne se contente d’un vœu pieux en vue de son amélioration, il affirme que notre condition ne dérive d’aucun décret divin, d’aucune nature inéluctable, qu’il est possible de la rendre plus douce, et il faut reconnaître que nous l’avons améliorée pour continuer à l’améliorer.

Il m’est arrivé de critiquer les États-Unis, je retrouve ici un des traits que je préfère dans ce pays : le pragmatisme éclairé, la réalité prise comme critère du juste, l’optimisme modeste de faire de son mieux, dans la mesure de ses moyens.

L’ouvrage compte 460 pages et presque chacune mériterait un long commentaire, je ne vais donc pas entrer dans le détail. Après avoir défendu les valeurs des Lumières, Pinker montre leurs succès dans tous les domaines, dans le monde entier : la chute de la mortalité des enfants en bas âge et des mères en couches, la bonne santé dont nous jouissons, l’allongement de l’espérance de vie et les innombrables vies sauvées par les mesures d’hygiène et de vaccination, la raréfaction des famines et de la malnutrition, l’accroissement des richesses, la réduction de la violence, des guerres aux homicides (qui causent quatre fois plus de morts que les guerres), la hausse du bonheur (si, si, les gens sont de plus en plus heureux, et en particulier dans cet invivable Occident), de l’intelligence (oui, oui, nous sommes bien de plus en plus intelligents, grâce à l’instruction et à la nutrition), les progrès des droits humains, de la dépense sociale, de la démocratie. Bien des gens semblent avoir oublié que la guerre, la misère, l’esclavage, le viol ne sont pas des maux de la modernité, mais des récurrences de notre condition qui n’ont régressé massivement que lorsque la raison a commencé à les considérer comme des problèmes à résoudre et non plus des fléaux inévitables.

Tout ne va pas parfaitement dans le meilleur des mondes, dit Pinker, mais sur bien des points, ça va mieux qu’avant et il s’agit de comprendre pourquoi afin de poursuivre ce mouvement qui n’a rien d’évident : il dépend de notre volonté et de notre travail et non du hasard ou de la destinée. Si nous ne soutenons plus cet effort vers un mieux, il ne se continuera pas de lui-même, porté par la grâce de Dieu ou sa propre gravité. Reste que la planète ne peut plus alimenter cette modernité, me répondrez-vous. Pinker affronte ce défi en homme des Lumières : comme un problème à résoudre et non la punition divine de notre hubris prométhéenne. Il montre comment l’écologie a souvent saboté sa propre lutte par son esprit réactionnaire, en bannissant le nucléaire par exemple, ou en préconisant le retour à un passé fantasmé d’harmonie avec la nature – harmonie qui n’a jamais existé, les humains ont toujours bouleversé les écosystèmes où ils se trouvaient, même les chasseurs-cueilleurs (voir Extinctions, du dinosaure à l’homme, de Charles Frankel).

De plus, étant donné les dégâts, nous ne nous en sortirons pas sans la science. Une pseudo-philosophie lui donne la responsabilité de tous nos maux. Il est courant depuis les années 1960 de lui reprocher les deux guerres mondiales et le génocide, parce que la technique qu’elle a élaborée a servi au massacre ; mais la propagande ne se servait-elle pas des arts et des lettres pour laver le cerveau des citoyens ? La haine n’a-t-elle pas emprunté les artifices de l’image, de la musique et du langage pour manipuler leurs consciences ? La science n’est pas plus dangereuse que les idées d’un penseur isolé qui finissent par enflammer les foules. Plus généralement, la valeur de la science ne doit pas être mesurée par le progrès qu’elle nous assure : qu’elle nous apporte déboires ou succès, elle reste vraie et c’est là sa valeur.

Pour exposer brièvement ma propre filiation intellectuelle : je suis une fille des Lumières, de la raison autant que du romantisme, je me suis reconnue dans Rousseau, Kant et Goethe. Ensuite, j’ai découvert Nietzsche et il m’a interpellée parce qu’il était mon opposé : précisément contre le romantisme et la raison. Il m’a intéressée par son analyse lucide et presque cruelle de la morale qui m’a confrontée à mes contradictions. Sa manière d’aborder la philosophie en psychologue, cherchant l’homme et ses passions derrière le système de pensée, permettait de reconsidérer tout ce que j’avais appris et j’étais séduite par sa pensée vive et intempestive, qui préférait l’aphorisme au raisonnement. Je pris au sérieux son invitation à inventer ses propres valeurs, mais non les valeurs qu’il inventait pour lui-même, dont le virilisme et la violence m’ont finalement détournée de sa pensée. C’est un auteur à manier avec une précaution extrême, surtout ses derniers ouvrages, et à bannir en politique. Or c’est en politique que je le rencontre aujourd’hui, à l’extrême droite comme à l’extrême gauche – et si vous vous demandez ce que l’extrême gauche peut trouver dans un auteur qui revendique l’élitisme, détestant cordialement la démocratie : la réinvention par la violence. C’est pourquoi, alors que j’ai lu presque toutes ses œuvres, y compris des ouvrages critiques, je rejoins Pinker (qui le caricature outre mesure et semble ignorer la subtilité de la première période de sa pensée), je peux dire avec lui et en connaissance de cause : laissons tomber Nietzsche, il a fait assez de mal.

J’ai traversé une autre période d’obscurité : la psychanalyse quand je n’avais pas les moyens d’avoir un esprit critique vis-à-vis de ses préceptes. Cette discipline professe une étrange méfiance envers les sciences, son fondateur étant pourtant d’un scientisme inquiétant. Enfin, j’ai subi l’assaut incessant de la culture commune qui critique la raison, l’universalité, l’humanisme, et mon désir de bien faire m’amenait à admettre les torts de mes parents spirituels autant que matériels, qui m’ont pourtant nourrie de tout ce qui fait grandir.

Mais la dissonance entre ce discours et la réalité devient flagrante. Je connais trop bien les humanistes pour les accuser d’inhumanité. Étant femme, qui devrais-je remercier pour mon éducation, ma santé, ma liberté, si ce n’est les Lumières ? Des féministes iront déterrer la parité (incomplète) des nomades d’Asie centrale, une préhistoire hautement hypothétique ou un Moyen-Âge complètement fantasmé. Il y a certainement eu des hauts et des bas dans la condition des femmes, des variations qui ne permettent pas une narration uniforme, cependant jamais autant de femmes n’ont été aussi libres qu’aujourd’hui et surtout jamais autant n’ont survécu à l’enfantement ou vu autant de leurs enfants atteindre l’âge adulte.

Ce que je ressens envers la raison, l’universalité, l’humanisme ? De la reconnaissance et de l’humilité, le désir d’être à la hauteur d’un tel héritage, qui n’est pas le privilège de l’Occident. Comme l’expose Pinker, ces idéaux se dégagent dans tous les lieux où se croisent plusieurs cultures, ils sont issus du cosmopolitisme et de l’urbanisme, de la nécessité de vivre ensemble dans la différence, en tirant des principes généraux, par abstraction, de nos sagesses singulières.

Je reste du côté de l’intelligence, c’est elle qui sauve des vies, symboliques comme biologiques, dans les lettres comme dans les sciences ; et le côté de l’intelligence, ici, impossible de s’y tromper, ce n’est pas celui des pseudo-gourous révisionnistes de l’histoire, des désenchantés réenchanteurs de tout bord ou des nihilistes qui se réjouissent des déclins et applaudissent aux apocalypses. Cependant, Pinker commet quelques erreurs. Psychologue cognitiviste, il soumet quantité de données et d’études à notre réflexion et les analyse avec virtuosité, humour et bonhommie. On ne peut pas lui demander de maîtriser aussi toute la culture savante. Notamment, il oppose modernité et romantisme, faisant de ce dernier un mouvement antimoderne, selon une interprétation courante. Rousseau, Kant et Goethe que je citais plus haut suffisent à faire voler en éclats une telle version de l’histoire. Il considère aussi Nietzsche comme un héros du romantisme, alors que Nietzsche souhaitait détruire le romantisme qu’il considérait comme le dernier avatar du christianisme – c’est tout de même une erreur de taille et je suis étonnée que personne ne l’ait relevée parmi ses relecteurs.

Souvent, il n’utilise pas les bons termes, mais je vois bien ce qu’il désigne : cette mouvance réactionnaire diffuse qui préfère la passion à la raison. Cependant, il ne résout pas le dilemme. En choisissant la raison, il perpétue ainsi le vain combat de l’une contre l’autre. Nous pouvons être rationalistes et spiritualistes, marier la raison et la passion, aimer la clarté sans craindre l’ombre, œuvrer pour la veille et nous aventurer dans le rêve. Il est dangereux d’opposer les deux domaines qui nous constituent, d’entretenir ainsi un déséquilibre exagéré qui appelle une violente compensation. Ma rencontre avec Jung, ma familiarité avec le romantisme et ses héritiers, symbolisme, surréalisme, me montrent une voie d’entre-deux qui ne s’écarte pas de celle des fondateurs. Comme le concède Pinker, bien des hommes des Lumières croyaient en Dieu sans affiliation à aucune religion. Finalement, je leur suis plus fidèle que lui. Parfois, je parle de Dieu. Je ne me réfère ainsi à aucun dogme, mais à cette intuition du sens.

Pinker se méfie de l’intuition. Son type jungien est clair : sensoriel extraverti avec une dominante pensée. Il ne semble pas concevoir que quantité de gens ne sont pas faits ainsi, que l’imagination ou la passion dominent chez d’autres et c’est pourquoi Nietzsche ou d’autres penseurs décadents ont tant de succès parmi eux : ils ont de moins en moins de place dans notre société, leurs qualités n’y sont pas valorisées. Pinker voit le sens de la vie dans la connaissance, et je ne suis pas loin de partager son point de vue, mais j’admets que pour d’autres il ne réside pas là et s’ils ont besoin de le chercher ailleurs, il faut leur en donner les moyens, ou bien ils détesteront cette vie biologique qu’ils ne parviennent pas à symboliser. Il présente également le libéralisme et le comportementalisme comme les manières scientifiquement valables de soigner et de diriger, les seules méthodes qui marcheraient, au contraire des autres systèmes ou thérapies. C’est fort douteux, mais il serait trop long d’en débattre ici.

J’aimerais amorcer un mouvement de pensée, celui des vrais enfants des Lumières, dans une acceptation large des Lumières qui iraient jusqu’à comprendre le premier romantisme. Il défendrait une raison rigoureusement ancrée dans la réalité, mais qui n’exclurait pas la perception d’un au-delà, l’intuition de ce qui la dépasse. Aucune crainte envers l’avancée des sciences ou les enthousiasmes de l’art. Un maître mot, la curiosité. Manière de maintenir l’équilibre entre subjectif et objectif, réalité extérieure et intérieure, vie biologique et symbolique, de mettre fin à ces luttes stériles entre les deux domaines qui nous constituent et ceux qui maîtrisent l’un ou l’autre. Combien sommes-nous parmi ces rationalistes spiritualistes ? Peu, je le crains, tandis que les irrationalistes matérialistes abondent.

En attendant, je peux rejoindre un rationaliste matérialiste comme Pinker contre les dangers qu’il dénonce, le fascisme et l’obscurantisme qui menacent l’esprit des Lumières, et je recommande sa lecture, pour faire face à leurs attaques permanentes.

Mes lectures légères du moment
– sauf Gravity, emprunté à mon voisin de nuit
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