L’Empire électrique

L’Empire électrique. De Victor Fleury. Editions Bragelonne, collection Mois du Cuivre. 480 pages. 2017.

Napoléon a vaincu les puissances européennes qui s’étaient liguées contre lui et une civilisation reposant sur la technologie voltaïque s’est développée. L’Empire s’est étendu un peu partout et a mis en place une dictature très répressive.

Dans chaque nouvelle de ce recueil, on suit un ou plusieurs personnages issus de la littérature du 19e et début du 20e siècles, de la SFFF au policier en passant par les « grands » auteurs qu’on étudie en classe. Le mélange assez détonnant des genres et des personnages forme un univers foisonnant et très complet. On visite de nombreux endroits, on découvre plein d’aspects de la technologie qui régit l’Empire et on vit des aventures très différentes.

La grande force de ce livre, c’est son univers très complet et la variété des thèmes abordés. Là où la plupart des romans steampunk se contentent d’une Belle Epoque un peu remaniée, Victor Fleury a choisi de miser sur une uchronie qui se démarque réellement de ce que j’ai lu jusqu’ici dans le genre.

Autre point très positif: les innombrables références à la culture populaire et à la « grande » littérature, que le lecteur peut chercher à découvrir au fil des histoires. J’en ai loupé certaines, mais je me suis beaucoup amusée à les traquer. Reconnaître certains personnages qu’on apprécie devient même franchement jubilatoire, surtout que l’usage qui en est fait par l’auteur leur rend bien justice, qu’ils gardent leurs caractéristiques originelles ou qu’ils soient parodiés. On sent parfois le fanboy qui s’amuse avec ses personnages préférés et, en tant que fangirl assumée, j’ai trouvé ça très fun.

La plume de l’auteur est très agréable, plutôt exigeante, avec un vocabulaire soutenu, même si on a parfois quelques répétitions. Il y a des idées plutôt poétiques, d’autres hilarantes ou très originales.

Certaines nouvelles m’ont moins plu que les autres. Deux d’entre elles sortaient du lot, pour moi: la première et l’avant-dernière. Je ne vous dis pas pourquoi, ni qui on y rencontre, je vous laisse le découvrir par vous-même. D’ailleurs je vous déconseille fortement de lire la 4e de couverture, qui liste une partie des personnages qu’on va rencontrer, alors que c’est tellement plus amusant de ne le découvrir qu’au fil de la lecture! D’ailleurs j’ai même cessé de regarder les titres en comprenant qu’ils en disaient parfois trop pour le lecteur-cogiteur.

Même si ç’a été une très bonne lecture, j’ai deux reproches à faire à ce livre. Le 1er est que j’ai trouvé certaines nouvelles trop prévisibles. J’avais deviné pas mal de choses avant d’arriver à la fin et ça m’a déçue de ne pas être surprise. Le 2e ne gênera probablement que moi, puisqu’il concerne mon rythme de lecture: les très longues nouvelles (autour de 70-80 pages pour chacune) ne me conviennent pas vraiment. Soit ça me semble trop court et j’en aurais voulu plus; soit c’est trop long pour être lu d’une traite et ça me démotive. Ce qui explique qu’il m’a fallu plus d’un mois pour lire l’ensemble des nouvelles.

Malgré ces petits points négatifs, L’Empire électrique a été une excellente lecture, que je recommande aux amateurs de steampunk et de réécritures de personnages emblématiques de la littérature, SFFF ou autre.

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