Le temps assassin

Le temps assassin,

qui éloigne seconde après seconde, pas après pas, manque après manque
en effaçant de nos esprits et de nos cœurs les infimes traces d’un réel presque égaré dans les embruns évaporés des vagues de la passion. Là où nous cherchons souvent si tout ceci fut une certitude s’éclairant au fébrile et tremblant flambeau des souvenirs perdus, fuyant déjà vers l’absolu silence.
Le temps assassin,
qui, d’après en ensuite, nous efface des souvenirs des autres, emportant tous les rires,
toutes les tendresses, toutes nos vaines souffrances dont il ne restera rien bientôt.
Le temps assassin,
contre qui l’on se bat pour essayer d’être encore un peu plus loin que nous-même.
Parfois en donnant le futile exemple d’une espérance déchue la seconde d’après.
Une autre fois en bousculant un vaste destin d’où l’on s’échappe, tel un débris d’épave
vers les rives funestes d’une suivante aventure.
Le temps assassin
Mon Amour,…mon Amour, qui emporte à notre mort en l’arrachant du vivant
la plus infime mémoire de notre si tendre et merveilleux amour. Pour les balancer
dans les limbes de l’oubli, effaçant la chavirante émotion de ton regard oiseau,
si fragile, si fragile, comme la surface de l’eau.
Le temps assassin
vibration d’une guerre perdue d’avance où l’on s’échoue sur la plage de nos enfants
cherchant dés leur premier souffle le chemin de liberté pour s’échapper du carcan
de l’éternel mensonge, en vain, en vain.
Le temps assassin
Sicaire de nos vies sublimes qui ne peut rien contre ce fait absolu qui,
même si personne ne reste comme preuve de la réalité de cette existence,
ne pourra jamais rien contre ce que nous avons traversé, aimé, offert, reçu, vécu.

Création Jean-Marie Albert – Tous droits réservés.

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