Le Bal. Irène Némirovski

Le Bal – Irène Némirovski (Grasset)

Première relecture de l’année, comme je suis contente d’avoir relue ce récit, qu’elle nomme « roman » mais qui possède toutes les caractéristiques d’une nouvelle : tout d’abord sa taille mais surtout son intensité dramatique. J’adore cette écriture !

Alors qu’Antoinette vient d’avoir quatorze ans, sa mère Mme Kampf organise un bal. Mais Mme Kampf a changé, elle n’est plus la maman attentionnée. Récemment passé de la gêne à l’opulence, elle veut montrer sa nouvelle richesse et être éclatante au point d’en dénigrer sa fille, d’en être cruelle avec elle… et surtout elle ne veut pas d’elle au bal ! il ne manquerait plus que sa fille lui vole la vedette alors que Mme Kampf pourrait enfin briller, enfin être regardée de tous… non sa fille serait une rivale… avec cruauté et mesquinerie, elle dit à Antoinette que celle-ci est trop jeune pour faire son entrée dans le monde et qu’elle dormira dans la réserve le soir du bal… La vengeance d’Antoinette ne s’en sera que plus forte… entre rancoeur et amertume, elle savourera son geste.

Ce qui m’a marqué dans ma relecture, c’est le mépris des adultes (représentés par les parents Kampf) et la médiocrité de la mère qui conduit à détruire sa fille par pur égoïsme… elle ne pense qu’à l’apparence et les répliques sur les petits fours sont d’un drôle !… Quelle critique cinglante de ces « nouveaux riches » ! La plume d’Irène Némirovski est asserée, elle réfléchit aux affres de l’adolescence dans ce récit aux accents autobiographiques. Mais ce roman s’inscrit également dans le contexte des années folles, de la montée de l’antisémitisme, il y a en effet beaucoup plus de choses qu’il n’y paraît dans ce récit.

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