La 28ème nuit – Fabrice Causapé

Et si on prenait une photographie en noir et blanc lors d’une nuit de pleine lune ? Une photo qui capterait des bribes de vie derrière une fenêtre, où l’on observerait différentes scènes relevant de l’intime… De la douleur de rencontrer le monde lors des premiers instants de vie, à la douleur de le quitter dans un dernier souffle, en passant par toute l’obscurité dans laquelle l’être humain peut se perdre entre les deux… La lune serait ainsi le seul témoin de chacun de ces moments où tout peut vriller… Et lorsque l’aube naissante succéderait à cette lune inébranlable, le verdict tomberait : peine capitale…

Voilà ce que nous propose Fabrice Causapé dans ce recueil de nouvelles, où il met en exergue ce théâtre absurde qu’est la condition humaine dans toute sa déchéance. En utilisant la deuxième personne du singulier, il provoque l’identification du lecteur; dans chacun de ces textes, cela pourrait être toi comme cela pourrait être moi, cette douleur de vivre personnifiée dans toute son entièreté, habillée de solitude, de désillusion, de désespoir. Le fil de la vie est fragile, ce livre nous le rappelle…

La prose est soignée, comme toujours chez Fabrice Causapé, le tableau est sombre, torturé, et l’écriture prend aux tripes. Les différents parti pris d’écriture sont osés mais fonctionnent bien. A lire, un soir de pleine lune, où le champ des possibles est infini…

« Tu seras un adulte équilibré ou frustré, voire désillusionné. Des milliers de questions et de contraintes t’accableront. Ce sera enfin le lent déclin jusqu’à la mort, le regret de ton insouciante jeunesse et le douloureux bilan, une seconde avant le dernier instant. »

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