Jeudi 24 novembre – Amour ou Amitié ?

image

Son teint clair, pâle, presque morbide d’ailleurs faisait ressortir ses yeux verts émeraude et ses lèvres pulpeuses, appétissantes, d’un rouge flamboyant. Son visage et sont corps étaient si bien dessinés, d’une manière si élégante que les gens quand ils la voyaient, n’en croyaient pas leurs yeux. Elle était belle, les autres le savaient et elle aussi.

Mais une personne, une seule la faisait douter de sa beauté. Adrien Dubrer, ce garçon qui l’intriguait. Il était beau lui aussi, plus beau même. Plus beau qu’elle. Les gens les appelaient le couple des chanceux, car les autres ne se trouvaient pas beaux. Elle, elle savait beaucoup de choses sur lui. Ne dit-on pas que les filles ressemblent à des espionnes quand elles sont amoureuses ? Mais elle ne sait pas si elle l’aime, elle se la pose très souvent cette question, tous les soirs même. Il est en seconde 4, il ne mange pas à la cantine le mercredi et le lundi, il est inscrit au club débat du lycée. Elle sait aussi qu’il aime jouer au basket, qu’il est allergique au poisson et qu’il aime beaucoup la vieille musique. Il aime Edith Piaf surtout ses chansons « Non, Je Ne Regrette Rien », « La Vie En Rose » et « La Foule ». Elle en sait des choses sur lui, tellement qu’il en faudrait toute une page pour les énumérer.

Mais à ses yeux qu’est ce qu’elle est ? Elle se dit qu’il doit la prendre pour une fille bizarre. Elle n’a pas une idée très précise d’elle même, voire pas du tout. Mais elle a peur aussi, peur qu’il la manipule, qu’il la fasse marcher et tout ça parce qu’elle est amoureuse.

————————————————————————

Aujourd’hui c’est la rentrée des vacances de Noël. Rien de différent, toujours -3°C quand on sort dans la rue le matin et la neige qui menace toujours de venir. Dans la cour, deux élèves se regardent, Elle et Lui. Léa, dans son manteau kaki, son sac à dos à côté d’elle, est assise sur un banc fait dans un matériau dont elle ne connais pas le nom tandis qu’à trente mètres, Adrien est lui aussi assis. Ils se regardent droit dans les yeux, enfin c’est ce qu’ils espèrent.

Pendant dix minutes, ils ne cessent de se regarder. Jules, le meilleur ami d’Adrien arrive, il détourne donc son regard à contre cœur. Elle baisse les yeux, elle a honte. Et pourquoi ? Parce qu’Elise, sa meilleure amie est aussi amoureuse d’Adrien. En parlant du loup, la jeune fille s’assoie à côté de son amie.

-« Salut.. comment tu fais pour être dans ce froid sans claquer des dents ? »demande Elise.

-« Chais pas.. Je suis crevée ; j’me suis couchée à trois heures du mat’ pour finir la dissertation de français. Toi t’as fait sur quoi ? »

Elle hésite à lui dire ce qu’elle a vécu ce matin. Elle a dit qu’elle était fatiguée, soit dit en passant qui est vrai, mais elle est complètement distraite et ailleurs à cause de ses échanges de regards. Elle espère que sa meilleure amie la croira. Elle ne veut pas lui dire la vérité de peur de lui faire du mal.

-« Pour la millième fois, mon livre préféré ! Et toi t’as fait sur quelle religion de quelle espèce que je ne connais pas encore ? »dit-elle en se moquant gentiment.

Léa avait l’habitude de faire ses dissertations sur ce genre de sujets, elle avait déjà fait sur la magie noire, les sorcières modernes ou comme dit précédemment les religions des animaux. Elle avait généralement des dix-neufs ou des vingts pour ses propos convaincants. Cette fois-ci, elle avait décidé de faire sur les réseaux sociaux et leur dépendance.

-« Sur les réseaux sociaux et leur dépendance. Ah et au fait je t’ai pris comme exemple ! Tu m’en veux pas ? » répond Léa avec un sourire d’ange endiablé.

-« Va te faire fff.. »

DRIIIIIIIING !

Après la sonnerie, elles prennent leurs sacs et partent vers les escaliers.

-« Excuse moi, tu disais quoi déjà ? » la taquine Léa.

-« J’ai dit : va te faire ff.. »

-« Salut les meufs ! » lancent les deux mecs ; Nathan et Maxime.

-« Eh Nathan, t’es pas en retard, c’est nouveau ! »dit Léa.

Il soupire. Ils montent ensemble dans le bâtiment.

La sonnerie vient de retentir, les élèves sortent comme un troupeau. Elise, Nathan, Léa et Maxime sortent calmement après tous les autres. Ils vont vers le terrain de basket. Il n’y a personne car ils sont tous allés manger. Maxime sors la balle de son sac à dos. Il lance la balle à Elise qui pose son sac contre le poteau du panier. Elle se la prend dans la tête. Elle le foudroie du regard, Maxime se met alors à courir. Elise le suit. Pendant ce temps là, Léa a récupéré la balle et fait des passes à Nathan.

Peu à peu, des élèves arrivent et jouent au foot, au basket, etc.. Et à la fin de leur match, ils décident enfin d’aller manger, quand plus personne n’est au self. Ils entrent. Le cœur de Léa s’est met à battre de plus en plus vite. Celui d’Elise aussi. Adrien est là. Elles le regardent, lui ne les voit pas. Il mange avec toute sa bande d’amis, Jules, son meilleur ami lui dit qu’elles sont derrière lui.

Nathan, Léa, Maxime et Elise vont s’asseoir. Il n’y a que deux groupes d’amis dans le self. Les quatre et les autres qui utilisent presque toute une table. Quelques instants après le début du repas, Léa va reprendre des pâtes. Elle se lève et traverse le self. En passant devant Adrien, elle se force à ne pas le regarder. Mais d’un coup elle entend des pas donc elle se retourne. Elle le voit, c’était ni Maxime ni Nathan mais bien Adrien. Elle se retourne aussitôt se sentant rougir. Elle accélère le pas.

Pendant qu’elle attend que la cuisinière lui rende son assiette, il arrive et lui chuchote doucement pour que juste elle entende :

-« Il faut que je te parle. »

Il est tellement beau et sa voix si belle…

La cuisinière lui rend son assiette pleine de pâtes mais elle n’a plus faim. Elle sent comme une impression que sa faim a été comblée par de la joie ou peut-être de l’amour.

-« Et, garde ça pour toi, hein ? »

Ce n’était pas une question, loin de là. Il avait quelque chose à lui dire, maintenant quoi ? C’est la question à se poser.

Quand elle revient à sa place, ce ne sont pas les plateaux de ses amis mais celui d’un inconnu. Elle se retourne pour regarder les autres présent dans le self. Personne. Alors, elle voit Adrien qui revient vers elle. Léa bégaie sans savoir vraiment ce qu’elle veut dire.

-« Tiens, on mange ensemble. »dit-il sans aucune surprise.

Il pose son assiette, s’assoie et commence à manger. Elle, elle est debout, elle ne comprend pas ce qui se passe. Comment se fait-il que le garçon dont elle est amoureuse depuis bien trois ans la remarque ? Il a deux ans de plus qu’elle. Elle croyait qu’il ne savait même pas qui elle était. Oui, c’est vrai, elle a déjà fait quelques matchs avec lui mais rien de plus.

Sortant de sa rêverie, elle le regarde ou plutôt, elle l’admire. Ses cheveux roux vont si bien avec ses yeux marrons. Un marron terne, calme, reposant même. Son visage est pâle lui aussi mais le sien est joliment pigmenté de taches de rousseurs. Elle s’assoie mais ne trouve pas l’appétit. Elle tourne la tête comme pour être sûre qu’il n’y a plus personne dans les environs. Son regard s’arrête alors sur les fenêtres. A la place de laisser passer la lumière du soleil, des affiches. Des belles affiches, mais ce sont des dessins d’animaux de la jungle. Ils sont dessinés par des maternelles et c’est ce qui leur donne leur charme. Elle les regarde d’un air attendrit.

Puis, comme si on venait de lui faire peur, elle se retourne et doit faire face à la réalité. Prenant son courage à deux mains, elle dit :

-« Donc tu voulais me dire quoi ? »

Elle n’est pas timide en général et sa voix ne tremble pas quand elle parle aux gens sauf là. Enfin, c’est ce qu’elle n’espère pas.

Il prend une grande inspiration, comme s’il devait faire un gros effort.

-« T’es belle, t’es intelligente, t’es sympa, t’es cool. T’es la fille parfaite, celle dont tous les mecs rêvent. Mais je vais pas y aller par quatre chemins, alors voilà : je t’aime. »

Il l’a dit. Deux perles d’eau légèrement salée traversent des joues douces devenues roses. Mais non pas des larmes de tristesse pour son amie, mais des larmes de bonheur.

-« Depuis deux ans, je suis fou amoureux de toi. Je te regarde tout le temps mais c’est que récemment que tu me regarde. Je voulais que tu le saches. »

Léa sanglotait doucement. Mis à pars ses doux sanglots, il n’y avait aucun bruit dans le self. Il se lève, elle aussi. Il passe ses bras autour d’elle. Même si il fait une tête de plus qu’elle, elle fourre sa tête dans son cou. Ils restent quelques secondes comme ça. Elle a mis ses bras autour de la taille d’Adrien et lui autour de ses épaules. Il les caresse doucement.  Il relève doucement le visage de sa douce et belle aimée pour l’admirer. Elle le regarde quelques fractions de secondes pour l’embrasser tendrement. Ses lèvres sont chaudes et sucrées.

Ils sortent du self main dans la main. En passant, tout le monde les regarde. Ils les regardent avec un air de compassion, ils sont heureux pour eux. Mais arrive le moment crucial. Ils se dirigent vers le terrain. Le cœur de Léa bat un peu trop vite par rapport à la normale. Que devra t-elle faire quand ils seront sur le terrain ? Elle s’avance d’abord seule et quand elle aperçois Elise dans les bras d’un autre garçon, elle s’étonne. Il est en troisième, il a le même style vestimentaire qu’elle, ils vont bien ensemble. Adrien l’a rejointe et lui prend la main. Ils s’avancent. Nathan et Maxime s’étonnent en les voyant passer. Elle ne les questionne pas sur tout ce que s’est passé d’étrange dans le self. Ils s’approchent de plus en plus de l’autre couple.

 

Both comments and pings are currently closed.

Comments are closed.