Je vous hais (nouvelle)

Un style percutant pour un texte traitant d’une thématique actuelle et difficile, je vous parle d’une nouvelle passionnante : Je vous hais de Céline Theeuws.

Résumé : — Je ne vous aime guère.
— Pourquoi cela, très cher ?
— Je ne vous aime guère.
— En êtes-vous certain ?
— Absolument.
— Et vous avez pensé qu’il était nécessaire de m’en informer ?
— Évidemment.
C’est une nouvelle.
Très courte.
Une nouvelle qui traite du harcèlement moral.
C’est un dialogue, uniquement un dialogue.
Ce sont des non-dits.
C’est l’homme dans ce qu’il a de plus animal.
C’est une part de réalité et une part de rêve.
Le sujet est dur. Le ton assez formel. La réalité difficile.
Le rêve laisse ensuite place à un retournement de situation plus fantaisiste. L’arroseur est arrosé. L’arrosé devient plus audacieux.
Parce que, dans la vie, il faut parfois rêver pour tenir le coup.

Un thème fort…
Lorsque j’ai commencé cette nouvelle, je ne m’attendais pas à une telle découverte. J’avoue ne pas avoir lu le résumé non plus. Pourquoi ? Je ne sais pas trop, peut-être pour me garder la surprise. C’est en lisant le résumé par la suite que je me dis que j’ai bien fait. Car la découverte n’en a été que plus belle. Cette nouvelle, écrite essentiellement en dialogue, nous expose une tare de nos sociétés riches, de nos pays développés, de ces sociétés gouvernées dans le paradigme de la liberté, des droits de l’homme et j’en passe des meilleures… Une tare que l’on retrouve de plus en plus. Prégnante. Envahissante. Le harcèlement. Ici, il est au travail. Ici, il est moral. Mais finalement, il peut être à l’école, dans la rue, et même ailleurs. Il peut être physique aussi. Bref, il est multiple et il est terriblement présent. Céline Theeuws nous expose un harcèlement au travail absurde. Presque rocambolesque. Elle le tourne en dérision, ce harcèlement. Elle fait une sorte de satyre. Tente aussi peut-être de démystifier ce phénomène récurrent. Et c’est une réussite.

Tourné en dérision…
Cette nouvelle m’a fait pensé au théâtre absurde que j’apprécie tant. Ce texte est construit en deux parties. Une première est dure. Difficile. Un peu absurde par moment, mais réel. Et la deuxième, comme le dit le résumé, c’est l’arroseur arrosé. Et celle-ci est terriblement tournée en dérision. J’ai adoré avoir une telle vision. C’est une façon originale, oserai-je dire, de traiter le sujet du harcèlement moral, au travail. C’est nouveau et ça fait du bien ! Le style de l’auteur m’a rappelé celui de Beckett, un de mes dramaturges préférés. Incisif, percutant, inoubliable, c’est une superbe plume que j’ai rencontré. Je suis donc impatiente de me plonger dans Vis.

Au final, une nouvelle qui traite d’un thème fort, avec un style saisissant et efficace ! C’est une merveilleuse découverte.

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