Honoré de BALZAC. La messe de l’athée.

La foi du porteur d’eau.

Courte histoire mettant en scène les deux médecins balzaciens, Horace Bianchon et « l’illustre Desplein », un des plus grands chirurgiens de Paris mais aussi une des plus grands athées :

Son athéisme pur et franc ressemblait à celui de beaucoup de savants, les meilleurs gens du monde, mais invinciblement athées, athées comme les gens religieux n’admettent pas qu’il puisse y avoir d’athées. (115)

Balzac enfonce le clou par accumulations et explique l’athéisme de Desplein par sa profession tout en brossant de lui un portrait fait de contradictions. Proche ami de Bianchon qui fut son élève le plus doué, Desplein ne manque pas une occasion de se laisser aller à son athéisme et « sa verve voltairienne ». Jusqu’au jour où Bianchon surprend son ami entrant à Saint Sulpice et le voit s’y agenouiller devant une chapelle de la vierge. Auparavant, Balzac aura pris soin de suivre Desplein dans son travail et ses « œuvres » en faveur des porteurs d’eau auvergnats.
L’histoire de Desplein, mise en abyme assez courante chez l’auteur, sera le mot de la fin de cette ténébreuse affaire.

Prenant ces deux personnages comme prétexte, Balzac, se plaçant d’emblée comme croyant, se pose la question de l’athéisme et en offrant un personnage « excentrique » pour illustrer son propos, fait oeuvre de philosophe et nous dévoile la lutte entre science et conscience, s’interroge sur la foi, la charité, la religion et surtout sur le dévouement aveugle, cette foi du charbonnier incarné par le porter d’eau de Desplein.

Comme toujours, le romancier emmène son lecteur dans un tourbillon de descriptions de caractères, essayant de tout justifier hormis le dévouement d’un homme pour un autre, allégorie de la foi aveugle des chrétiens.

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