Halfon, boy de Eduardo Halfon

Avant tout propos, excellente année 2021 les amis !

Faut-il traduire les coquilles, les erreurs, les incohérences d’un texte ? Doit-on être fidèle aux mots de l’auteur ou à ses idées ? Sait-on être père ou apprend-on à le devenir ? Les allergies et les névroses sont-elles héréditaires ? La fin de la littérature est-elle l’utilité ou bien la beauté ? Ces questions taraudent Eduardo Halfon alors qu’il traduit l’œuvre du poète et romancier William Carlos Williams et que la naissance de son fils approche. À l’image de Williams qui s’adressait à son père lorsqu’il rencontrait un problème littéraire, Halfon se confie à son fils.
Nouvelle inédite en France, Halfon, Boy est le récit infiniment tendre et poétique d’un questionnement que l’écrivain, en parlant à son fils, s’adresse à lui-même.

Couverture Halfon boy

Je poursuis ma découverte de la collection lanonpareille des éditions de La Table Ronde.

Halfon, Boy c’est le monologue d’un père. Eduardo, notre narrateur, écrit des mots à son fils depuis ce jour où il mesurait plus ou moins la taille d’un grain de raisin jusqu’à sa naissance.

Je suis devenu ton père, Leo, comme tout ce qui m’est arrivé d’important dans la vie: par accident. Tu grandis encore dans ce ventre alors que je traduis William Carlos Williams, mais j’éprouve le besoin de te dire certaines choses dont j’ai peur qu’ensuite, le temps et le silence aidant, elles sombrent dans l’oubli.

En écrivant, Leo, je te sens encore plus proche. Peut-être parce que je sais que ce sont ces mots-là qui resteront, que ce sont les seuls mots qui comptent.

Il évoque ce rôle de père qu’il embrasse petit à petit et en parallèle son métier de traducteur.

Je me demande, Leo, s’il n’y aurait pas un point commun entre le processus par lequel on se transforme en père et celui par lequel on se fait traducteur ; entre le fait d’imaginer comment notre enfant devient peu à peu notre enfant, et celui d’imaginer comment les mots d’un autre deviennent progressivement les nôtres.

Ses réflexions sur la traduction d’une œuvre sont très intéressantes et on prend davantage conscience du caractère non aisé de ce métier.

La traduction d’un texte doit-elle rester fidèle aux mots de l’auteur, à ses idées, ses coquilles, erreurs, incohérences ? Eduardo Halfon nous présente différentes écoles: Foucault qui promeut une fidélité totale et absolue au texte littéraire, Nabokov qui estime que « la traduction littérale la plus maladroite est mille fois plus utile qu’une belle paraphrase » et Borges qui célèbre la créativité et l’originalité des traducteurs.

Halfon, Boy est une sympathique nouvelle d’une quarantaine de pages sur la paternité physique et scripturale.

Et vous, partagez-vous l’avis de Foucault, Nabokov ou celui de Borges ?

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