Franz BARTELT. Le bar des habitudes.

La vie nous joue des tours.

Recueil de seize nouvelles qui racontent des histoires de gens ordinaires, célibataires ou mariés qui vivent des moments plus ou moins agréables dans leur vie quotidienne. La première nouvelle est en ce sens assez caractéristique du ton qu’il règne dans ce livre : les habitudes sont si bien réglées que le moindre changement ressemble à un séisme et la vie n’est plus la même.

A chaque fin de nouvelle, les protagonistes n’ont d’autre choix que de tout remettre en question, que ce soit la femme sur son mari (et vice-versa), le travailleur sur son emploi, le SDF sur sa confiance en l’humanité, les hommes sur les apparences ou encore le voyageur sur sa destination. Tous apprennent la vie et ses farces, rencontrent les grains de sable du quotidien qui bouleversent tout. Ils sont tous plus ou moins réguliers dans leurs actes y compris les pires : le tueur en série ne tuera que des femmes de notaires et, comme un artiste devra se remettre en question.

Franz Bartelt, en prenant le parti des petites gens, dénonce un univers de plus en plus absurde, où l’acceptation devient de mise (« Histoire molle »), où règne l’intolérance (« un voisin redoutable ») ou la peur de la pauvreté (« la tourte »). Certains portraits (« un voisin redoutable ») pourraient passer pour de vrais clichés et leurs cortèges de lieux communs si l’auteur ne confinait pas son histoire au burlesque. Le récit est simple, clair et le ton garde à la fois une certaine légèreté mâtinée de tragique.

Un bon moment de lecture fluide.

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