D’un jour à l’autre, des petits cailloux sur le chemin … (248)

 Acceptation et ouverture

            Aujourd’hui je n’utilise pas le mot « acceptation ». Je le remplace par « ouverture ». De même le mot « refus » est remplacé par « fermeture ».

         Ce n’est pas un jeu de mots mais l’effet très précis du passage du « penser » au « goût ».

         Aussi loin que je m’en souvienne, le mot acceptation, sans doute du fait de mon histoire, a le goût de l’obligation et s’adresse au « moi » comme quelque chose que « moi » doit faire parce qu’on le lui dit : « il faut accepter… ».

         Et pourquoi devrais-je accepter ce qui « me » déplaît et me blesse ?

         Le mot ouverture ne passe pas par une histoire personnelle, mais par un vécu connu depuis toujours, depuis que je suis sur cette terre, et reconnaissable dans l’instant. Par lui je ne suis plus englué dans ce « moi » à qui l’on fait penser que « moi »  devrait être être autre que ce qu’il est et de ce goût qui en résulte : « Je goûte quelque chose qui ne devrait pas être puisqu’on me dit que je devrais être autre que ce que je suis ».

         Je suis resté bien longtemps coincé dans ce cul de sac jusqu’au jour où, au lieu de laisser l’autre penser à ma place et m’exiler de mon vécu, comme une lumière qui éclaire une pièce obscure et révèle ce qu’elle contient, la nostalgie de l’ouverture en tant que vécu est survenue au cœur même du vécu d’une intense fermeture à ce qui est.

          Il ne s’agissait plus alors d’une injonction à être autre, mais d’une invitation au bonheur. Puis l’ouverture s’est faite, espace d’accueil à ce « moi fermé », et en cet espace aucune trace de jugement, aucune demande d’être autre. Simple goût que « s’ouvrir est heureux », simple goût que « se fermer est douloureux ». Plus de cause à effet : ce que je vis intérieurement est dû à l’autre – situation, personne état etc. Surgissement d’un vécu connu depuis toujours. Retrouvailles de ce que l’homme vit dans les premières semaines de sa vie.

         Et dans ce goût de l’origine, la saveur s’est précisée : « Avant que « moi » fut, Je EST ! »

         Alors est donné de voir et de vivre simultanément la saveur de la conscience identifiée « moi », et la saveur de ce que nous sommes : ce « je » êtreté, sans histoire, sans forme, sans commencement.

         De ce vécu et de cet appel au bonheur naît alors une pratique : être ouvert et non plus « s’ouvrir à ». Par cette pratique la division entre extérieur et intérieur s’effrite doucement. De plus, comme l’état heureux est intrinsèquement la nature de ce qui est ouverture, tout le monde est gagnant dans cette démarche, même « moi » qui demeure en tant que programmation. Alors il y a simple constat de l’absence d’ouverture quand la fermeture est là, du goût amer qui l’accompagne, du rétrécissement de la sensation d’espace qui en découle, et de la nostalgie que l’ouverture soit là qui filtre comme une lumière dans la conscience obscurcie.

    Il n’y a plus la réussite ou l’échec de l’acceptation, le fait d’être ceci alors que « moi devrait être cela » mais l’envie d’être ouvert pour tout simplement être heureux et rendre heureux.

djal-248

            Belle semaine

         François

Both comments and pings are currently closed.

Comments are closed.