D’un jour à l’autre, des petits cailloux sur le chemin … (244)

Nous continuons de suivre Saverio Maestrali, ami de très longue date. A travers son travail de photographe, comme de son écriture, il partage les saveurs de sa vie intérieure, de sa quête de l’être qu’il nous livre sans jamais la nommer.

TIMIMOUN

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Sable. Il épouse le pied, et nous recouvre le cœur à l’heure où nous arrêtons l’étape. La nuit alors fête la nuit, et s’entoure de sables.

Le corps enfant y repose en son entier. Sable, ivraie douce parfumée, fournée perdue du dehors, j’aime ton poudroiement solaire.

J’y puise du plus profond talon. Le soc s’éveille de fraîcheur. Dehors il craquelle, tremblant de buée licite, et tous ses crabes morts. J’y marchais tantôt d’infini, énumérant des noms de reines par le menu cailloutis. Sables sans fin, sables sans rives. Tremblé du paysage. L’arbre unique.

Les souvenirs au puits.

Marcher. Le son est net, doux, cinglant, et son voile amoureux – s’amenuise. Le feu au-dessus de la tête y brasse une boule de braise et le vertige fou. Tout revient à l’arbre sec. Pieux sage muet. Pas de sueur aux reins. L’air bouillonne dans le sarwel. Juste ce battement à la tempe.

Avancer. Le craquement de meringue du pas sur la plaine poudreuse et glaciale la nuit.

De grandes herbes s’allongent au vent. Elles imposent leur soyeux jaune hérissé d’immortelles que le chameau dédaigne. Il n’y a plus direction, juste l’orage, sa fuite mauve tailladée d’ouragan.

Une barre, une étoffe orangée : la kheïma de l’ami.

Timimoun – une place forte au clapot sans le flot, l’écume de sa plaine cristalline qui miroite. Fleur de sel partout.

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On se croirait en mer.

Texte et photos Savério Maestrali.

Belle semaine

François

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