D’un jour à l’autre, des petits cailloux sur le chemin … (242)

Nous continuons de suivre Savério Maestrali, ami de très longue date. A travers son travail de photographe, comme de son écriture, il partage les saveurs de sa vie intérieure, de sa quête de l’être qu’il nous livre sans jamais la nommer.

ADRAR

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233 – 418 – infini. Rien. – Notre âme est jetée dans le corps, où elle trouve nombre, temps, dimensions. Elle raisonne là-dessus, et appelle cela nature, nécessité, et ne peut croire autre chose.

L’unité jointe à l’infini ne l’augmente de rien, non plus qu’un pied à une mesure infinie. Le fini s’anéantit en présence de l’infini, et devient un pur néant. Ainsi notre esprit devant Dieu ; ainsi notre Justice devant la justice divine.

[…] De la nécessité du pari – Pascal ( Pensées )

L’étendue rouge ou blonde. Les ombres. Meurtrières du regard. Laisser glisser. Rien. Plus de poids aux épaules. Plus d’épaules. La joie du droit.

Ce midi je déjeune avec les jardiniers sous la frêle palmeraie d’Omar. Un très maigre chaton aux yeux diaphanes glisse apeuré sous les plans de courgette ; une large feuille verte, une fleur orange, une liane velue, une feuille urticante, une autre fleur orange, le bleu d’innocence de ce regard de chaton qui m’évoque Gala. Navigation.

Nous contemplons nos pieds largement écartés sur le sol. Gestes. Ils offrent et séparent la nourriture d’une main d’ébène qui sculpterait la fleur. Nous sommes.

Nos corps lourds, tête légère. Pas demain.

Il y a la palme dont on calfeutre le cabanon. Le moisi merveilleux de l’évier, le jour dans le mur fendu.

Amis, entendez-vous la cascade intérieure, le flot dru de la foggara qui traverse nos âmes par l’en bas ?
Adrar – son arc rouge africain, antique terre des Ifoghas et guerriers Touaregs Ajjer, des Targuis du Tidikelt, encore au temps de Lyautey, de Laperrine, et d’un certain Charles De Foucauld.

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Texte et Photos Saverio Maestrali.

Belle semaine

François

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