D’un jour à l’autre, des petits cailloux sur le chemin … (124)

 

La vie nous renvoie notre image

Au cours d’une rencontre avec quelques amis, une personne a posé une question qui nous concerne tous. Aujourd’hui je la partage avec vous.

Tu disais hier que tu ne voyais pas en quoi la vie nous renvoie notre image. En fait la situation que tu as décrite est un miroir pour toi. Elle te permet de voir tes peurs, tes blessures d’enfants, tes attentes non exaucées, la non reconnaissance etc.

La vie est un miroir dans lequel nous pouvons voir nos émotions, c’est à dire le monde que nous avons fabriqué et reconnu comme la référence, l’étalon pour juger du bien fondé ou non de ce que nous rencontrons. Être libre, c’est être libre de ce monde personnel. Cette liberté ne nous laisse pas inactif et sans réponse, simplement notre bonheur et notre paix ne dépendent pas de ce que la vie nous accorde ou nous refuse.

Après avoir vu cela, il nous faut nous occuper de ce moi qui s’est formé, qui attend que le monde change pour être heureux, qui veut faire du monde son reflet fidèle afin de ne pas être dérangé. Mais qui va s’occuper de lui ? Souvent ce moi cherche partout, y compris dans la religion et la spiritualité, quelque chose qui va le consoler sans le mettre en cause. Pendant longtemps, c’est à partir de ce moi et uniquement à partir de ce moi, que nous cherchons à être heureux, et la psychanalyse fait partie de cette tentative. La spiritualité propose une démarche beaucoup plus profonde en nous permettant de remonter à la source même, dont parle Jésus lorsqu’il dit :

«Avant qu’Abraham fut, Je Suis »

Donc pour s’occuper de moi, il ne faut pas être totalement ce moi. Il faut que quelque chose qui n’est pas lui, le voit, l’aime et le mène hors de lui-même, non en le niant mais en l’aidant à voir ce qui lui est donné, à s’ouvrir à ce qui lui est refusé, à être intelligent avec son besoin d’avoir. Car chaque chose donnée peut être l’opportunité d’en être libre. Chaque chose refusée peut être l’opportunité d’être libre. A nous de faire la différence entre ce qui nous est refusé, et ce que nous ne prenons pas la peine d’obtenir. Quoi qu’il en soit cette liberté fondamentale doit nous animer et non le besoin compulsif. Lorsque nous tentons de nous ouvrir, lorsque nous nous abandonnons à Dieu, à la Vierge, quel que soit le nom ou l’absence de nom et de forme qu’on lui donne, ce n’est pas une tentative qui se fait au niveau du moi, mais au-delà du moi. Moi ne peut rien faire d’autre que souffrir ou être heureux, avoir peur ou être rassuré, et vouloir toujours, éternellement. Moi c’est Tantale. Et comme lui, il passera l’éternité à subir la faim et la soif dans un jardin de délices, dont l’eau et les fruits se dérobent perpétuellement à ses mains. Puisque c’est à la Vierge qu’il t’est le plus facile de t’abandonner, abandonne-toi à la Vierge. Si ton abandon est vrai, il te conduira au-delà des peurs et des souffrances du moi. Non en gommant ces peurs et ces souffrances mais en faisant disparaître celle qui a peur de ces peurs et qui souffre de ces souffrances. C’est un saut dans le vide (le vide étant simplement l’absence de ce qui ressent : « ça m’arrive à moi »). Il n’y a pas d’autre chemin. Cela ne demande ni d’être doué, ni d’être un as de je ne sais quoi, cela demande une étincelle d’envie d’aller dans cette direction, un cœur avec une étincelle de générosité et d’amour, car aimer c’est se donner. Se donner c’est se perdre. Se perdre c’est se trouver. Et ce à quoi tu t’abandonnes tu le deviens. Encore faut-il que cette étincelle soit constamment là et entretenue.

D'un jour 124

Belle semaine

François.

 

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