Dancing with tears in my eyes

Inspiration musicale : Kesha – Dancing With Tears In My Eyes (https://www.youtube.com/watch?v=w1ClgUGz28g)

En tombant sur ses genoux, elle décide de poser ses mains à plat contre le sol, se recourbant légèrement pour reprendre son souffle. Inspiration. Expiration. Elle recommence, encore et encore, mais pourtant… rien n’y fait. Ses paupières sont devenues si lourdes depuis que ses larmes ont commencé à en sortir et même si elle ne pleure plus à gros sanglots, du moins pour l’instant, ses yeux sont suffisamment asséchés pour créer la sensation de porter le plus gros fardeau du monde.

Elle est peut-être vivante… Mais elle n’en a pas l’impression.

Here we go

Welcome to my funeral

Without you, I don’t even have a pulse

All alone it’s dark and cold

With every move I die

Non sans effort, la jeune fille se redresse, respirant si fort qu’elle a l’impression d’être violente envers l’espace dans lequel elle se trouve. Il est rare qu’elle vienne ici. Et encore plus rare d’y venir à une heure aussi tardive. Une petite île située à une vingtaine de minutes de chez elle en vélo. Celle-ci, bien que située à côté d’un parc, n’est pas très fréquentée même quand il fait jour. Et puisqu’en ce moment, la lune illumine le ciel autrement obscur, elle est parfaitement consciente que personne ne viendra la déranger.

C’est pourquoi elle se permet de pousser un cri vers l’eau, ne s’arrêtant que quand ses poumons lui font suffisamment mal. Elle inspire et expire encore, les larmes de tout à l’heure lui brûlant les yeux. Chose qui lui rappelle pourquoi elle est dans un état pareil pour commencer.

Que tout est fini et qu’elle ne peut rien faire pour y remédier. Plus maintenant.

***

Here I go

This is my confessional

A lost cause, nobody can save my soul

I am so delusional

With every move I die

Il n’y avait aucun moyen au préalable de prédire cette situation. Tout se passait bien… Jusqu’à ce que ce ne soit plus le cas. Pour elle, c’est arrivé du jour au lendemain. Il n’y a pas si longtemps encore… elle lui parlait de tout, de rien, de ce qu’il y a entre les deux. Rien de négatif ne s’était produit. Pas une seule fois.

Et d’un seul coup… Silence radio pendant un mois, besoin d’assistance d’un autre pour savoir ce qui se passe suivi d’une discussion qui n’a mené à rien. Parce que c’était fini. Juste comme ça. Elle n’a même pas eu la chance de rectifier le tir. Le deuxième parti n’a rien voulu entendre, rien voulu savoir. C’est fini parce que c’est comme ça. C’est fini parce que c’est injuste. C’est fini parce que.

Et ça fait mal.

***

I’m dancing with tears in my eyes

Just fighting to get through the night

I’m losing it

With every move I die

Se balançant sur un pied, elle fait un tour sur elle-même, marchant à pieds nus dans l’herbe rafraîchie par l’air froid de la nuit. Bien sûr, se déplacer de la sorte la fait greloter, mais la sensation déplaisante la revigore aussi et l’encourage à poursuivre son avancée dans l’île. Entre les arbres, sur les rochers, s’étirant, bondissant, tournoyant. Elle ferme les yeux, sentant de nouveau la boule déplaisante envahir sa gorge pendant qu’elle tente de résister aux larmes qui veulent sortir.

La vérité, c’est qu’elle a bien envie de laisser place à toute sa tristesse. Mais elle déteste se montrer aussi vulnérable, même quand il n’y a personne pour la regarder. Ce n’est pas ce qu’elle est. Ce n’est pas ce qu’elle veut être. Pleurer encore plus aurait le même effet que d’admettre que cette personne a encore un énorme impact sur elle. C’est vrai, mais elle ne veut pas l’avouer.

When did I become such a hypocrite

Double life, lies that you caught me in

Trust me I’m paying for it

With every move I die

Elle se laisse glisser au sol, ne se préoccupant pas du fait que son pantalon sera probablement taché quand elle se relèvera. Fermant les yeux, elle replie les genoux, entourant ses jambes de ses bras pour savourer le vent souffler doucement sur son visage. Elle soupire, la sensation lui procurant un léger réconfort.

C’est loin d’être suffisant, mais il s’agit d’un début. Il n’avait aucun moyen de se préparer à une douleur similaire. En général, quand on parle de rupture entre deux personnes, il s’agit de deux personnes amoureuses. Pas de deux amies. Peut-être que c’est un phénomène plus rare, mais… ça fait tout aussi mal. Ça aussi, c’est un deuil à faire. Ça aussi, ça lui donne l’impression de mourir. Perdre quelqu’un, ce n’est jamais facile.

On the floor, I’m just a zombie

Who I am is not who I want to be

I’m such a tragedy

With every move I die

***

En ouvrant les yeux, elle gémit doucement, se rasseyant par la même occasion. Regardant rapidement l’heure, elle constate qu’elle s’est sans doute endormie. Elle s’efforce donc de se lever, essuie vite ses yeux avec sa manche et retourne à ses chaussures délaissées. Remises, elle rejoint sa bicyclette, la monte et retourne chez elle.

Pendant qu’elle pédale, cependant, elle décide de se laisser guider par ses envies. L’ancienne amie ne vit pas loin non plus. Elle tourne, ne craignant pas d’être renversée par une voiture parce que rien ne roule sauf elle, à cette heure-ci. En quelques minutes, elle freine, s’arrêtant net devant sa destination. Elle l’observe, un regard quelque peu lointain. Il n’y a pas si longtemps encore, elle y était la bienvenue. Elle peut encore se revoir, dans la cuisine en train de préparer de la pizza avec elle, regardant la télé, faisant des devoirs, jouant, flattant le chien, se baignant dans la piscine…

Rien de cette maison n’a changé. Elle se souvient encore de ce qu’il y a à l’intérieur et elle sait que puisque tout ceci est récent, rien n’a eu le temps de se transformer. L’endroit est le même… mais le contexte est différent.

This is it and now you’re really gone this time

Never once thought I’d be in pieces left behind

Elle secoue la tête et poursuit sa route, ne s’arrêtant pas jusqu’à ce qu’elle arrive à son domicile. Retournant son vélo au bon endroit, elle se glisse dans sa maison, ne s’arrêtant que lorsqu’elle est dans sa chambre. Se laissant tomber sur son lit, elle sent la première larme enfin s’écouler. Et cette fois, elle ne résiste plus, se met en boule et enfouis sa tête dans son oreiller pour étouffer ses sanglots et ne déranger personne d’autre.

Bien sûr qu’il s’agit aussi de sa faute. Elle n’est peut-être pas tout à fait innocente dans cette histoire. Mais… C’est douloureux. Et cette perte aura toujours une place dans ce qui la constitue. Elle, et toutes les autres eues auparavant. Elle l’aime encore, elle et les autres.

I’m faded

I’m broken inside

I’ve wasted the love of my life

I’m losing it

With every move I die

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Dancing with tears in my eyes

Inspiration musicale : Kesha – Dancing With Tears In My Eyes (https://www.youtube.com/watch?v=w1ClgUGz28g)

En tombant sur ses genoux, elle décide de poser ses mains à plat contre le sol, se recourbant légèrement pour reprendre son souffle. Inspiration. Expiration. Elle recommence, encore et encore, mais pourtant… rien n’y fait. Ses paupières sont devenues si lourdes depuis que ses larmes ont commencé à en sortir et même si elle ne pleure plus à gros sanglots, du moins pour l’instant, ses yeux sont suffisamment asséchés pour créer la sensation de porter le plus gros fardeau du monde.

Elle est peut-être vivante… Mais elle n’en a pas l’impression.

Here we go

Welcome to my funeral

Without you, I don’t even have a pulse

All alone it’s dark and cold

With every move I die

Non sans effort, la jeune fille se redresse, respirant si fort qu’elle a l’impression d’être violente envers l’espace dans lequel elle se trouve. Il est rare qu’elle vienne ici. Et encore plus rare d’y venir à une heure aussi tardive. Une petite île située à une vingtaine de minutes de chez elle en vélo. Celle-ci, bien que située à côté d’un parc, n’est pas très fréquentée même quand il fait jour. Et puisqu’en ce moment, la lune illumine le ciel autrement obscur, elle est parfaitement consciente que personne ne viendra la déranger.

C’est pourquoi elle se permet de pousser un cri vers l’eau, ne s’arrêtant que quand ses poumons lui font suffisamment mal. Elle inspire et expire encore, les larmes de tout à l’heure lui brûlant les yeux. Chose qui lui rappelle pourquoi elle est dans un état pareil pour commencer.

Que tout est fini et qu’elle ne peut rien faire pour y remédier. Plus maintenant.

***

Here I go

This is my confessional

A lost cause, nobody can save my soul

I am so delusional

With every move I die

Il n’y avait aucun moyen au préalable de prédire cette situation. Tout se passait bien… Jusqu’à ce que ce ne soit plus le cas. Pour elle, c’est arrivé du jour au lendemain. Il n’y a pas si longtemps encore… elle lui parlait de tout, de rien, de ce qu’il y a entre les deux. Rien de négatif ne s’était produit. Pas une seule fois.

Et d’un seul coup… Silence radio pendant un mois, besoin d’assistance d’un autre pour savoir ce qui se passe suivi d’une discussion qui n’a mené à rien. Parce que c’était fini. Juste comme ça. Elle n’a même pas eu la chance de rectifier le tir. Le deuxième parti n’a rien voulu entendre, rien voulu savoir. C’est fini parce que c’est comme ça. C’est fini parce que c’est injuste. C’est fini parce que.

Et ça fait mal.

***

I’m dancing with tears in my eyes

Just fighting to get through the night

I’m losing it

With every move I die

Se balançant sur un pied, elle fait un tour sur elle-même, marchant à pieds nus dans l’herbe rafraîchie par l’air froid de la nuit. Bien sûr, se déplacer de la sorte la fait greloter, mais la sensation déplaisante la revigore aussi et l’encourage à poursuivre son avancée dans l’île. Entre les arbres, sur les rochers, s’étirant, bondissant, tournoyant. Elle ferme les yeux, sentant de nouveau la boule déplaisante envahir sa gorge pendant qu’elle tente de résister aux larmes qui veulent sortir.

La vérité, c’est qu’elle a bien envie de laisser place à toute sa tristesse. Mais elle déteste se montrer aussi vulnérable, même quand il n’y a personne pour la regarder. Ce n’est pas ce qu’elle est. Ce n’est pas ce qu’elle veut être. Pleurer encore plus aurait le même effet que d’admettre que cette personne a encore un énorme impact sur elle. C’est vrai, mais elle ne veut pas l’avouer.

When did I become such a hypocrite

Double life, lies that you caught me in

Trust me I’m paying for it

With every move I die

Elle se laisse glisser au sol, ne se préoccupant pas du fait que son pantalon sera probablement taché quand elle se relèvera. Fermant les yeux, elle replie les genoux, entourant ses jambes de ses bras pour savourer le vent souffler doucement sur son visage. Elle soupire, la sensation lui procurant un léger réconfort.

C’est loin d’être suffisant, mais il s’agit d’un début. Il n’avait aucun moyen de se préparer à une douleur similaire. En général, quand on parle de rupture entre deux personnes, il s’agit de deux personnes amoureuses. Pas de deux amies. Peut-être que c’est un phénomène plus rare, mais… ça fait tout aussi mal. Ça aussi, c’est un deuil à faire. Ça aussi, ça lui donne l’impression de mourir. Perdre quelqu’un, ce n’est jamais facile.

On the floor, I’m just a zombie

Who I am is not who I want to be

I’m such a tragedy

With every move I die

***

En ouvrant les yeux, elle gémit doucement, se rasseyant par la même occasion. Regardant rapidement l’heure, elle constate qu’elle s’est sans doute endormie. Elle s’efforce donc de se lever, essuie vite ses yeux avec sa manche et retourne à ses chaussures délaissées. Remises, elle rejoint sa bicyclette, la monte et retourne chez elle.

Pendant qu’elle pédale, cependant, elle décide de se laisser guider par ses envies. L’ancienne amie ne vit pas loin non plus. Elle tourne, ne craignant pas d’être renversée par une voiture parce que rien ne roule sauf elle, à cette heure-ci. En quelques minutes, elle freine, s’arrêtant net devant sa destination. Elle l’observe, un regard quelque peu lointain. Il n’y a pas si longtemps encore, elle y était la bienvenue. Elle peut encore se revoir, dans la cuisine en train de préparer de la pizza avec elle, regardant la télé, faisant des devoirs, jouant, flattant le chien, se baignant dans la piscine…

Rien de cette maison n’a changé. Elle se souvient encore de ce qu’il y a à l’intérieur et elle sait que puisque tout ceci est récent, rien n’a eu le temps de se transformer. L’endroit est le même… mais le contexte est différent.

This is it and now you’re really gone this time

Never once thought I’d be in pieces left behind

Elle secoue la tête et poursuit sa route, ne s’arrêtant pas jusqu’à ce qu’elle arrive à son domicile. Retournant son vélo au bon endroit, elle se glisse dans sa maison, ne s’arrêtant que lorsqu’elle est dans sa chambre. Se laissant tomber sur son lit, elle sent la première larme enfin s’écouler. Et cette fois, elle ne résiste plus, se met en boule et enfouis sa tête dans son oreiller pour étouffer ses sanglots et ne déranger personne d’autre.

Bien sûr qu’il s’agit aussi de sa faute. Elle n’est peut-être pas tout à fait innocente dans cette histoire. Mais… C’est douloureux. Et cette perte aura toujours une place dans ce qui la constitue. Elle, et toutes les autres eues auparavant. Elle l’aime encore, elle et les autres.

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I’m broken inside

I’ve wasted the love of my life

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