D’un jour à l’autre 475 : la vie spirituelle.

Il y a souvent amalgame entre spiritualité, religion et croyance en Dieu. Si la religion et la croyance en Dieu peuvent être spiritualité, la spiritualité peut aussi être sans croyance en Dieu ni religion.

Sa source se trouve dans un désir inné : l’envie d’aimer et d’être aimé. Et cette envie prend la forme d’une quête : être heureux, et rendre heureux.

À mesure que l’enfant grandit, cette quête se heurte à ses attentes. Et chez certains cela ouvre sur un état des lieux : comment recevoir et comment donner.

Recevoir et donner deviennent la matière d’une connaissance concrète de soi, la découverte sensible du « moi » et de « l’au-delà du moi ».

Le besoin de recevoir devient le révélateur du moi, l’envie d’être capable de donner le chemin de « l’au-delà du moi »

Si tout cela est soutenu par une vision, cette vision supprime les conflits intérieurs. Le recevoir devient le champ d’une exploration passionnante : que signifie recevoir, qu’elle en est la saveur ? Comment recevoir ? la vision dévoile alors la source du recevoir : les attentes, les attentes dévoilent les associations, les identifications, et les programmations de la conscience personnelle. Chaque recevoir libère un peu plus la conscience de ses attentes, et l’aide à devenir également libre de celles que la vie semble lui refuser. Si sa vision est vraiment transparente, la conscience découvre que ce qu’elle cherche, ce à quoi elle aspire, c’est d’être libre. Et cette entrée en conscience l’amène naturellement à un constat tout simple : elle devient libre autant à travers ce qu’elle reçoit, qu’à travers ce qu’elle ne reçoit pas, si toutefois ce qu’elle veut vraiment, c’est : « être libre ».

Si le « donner » est soutenu par une vision transparente, alors ce « donner » devient le champ d’une exploration passionnante : que signifie donner, qu’elle en est la saveur ? Comment donner ?

Un nouveau monde s’ouvre alors :

Pour donner il faut voir l’autre afin de lui donner ce dont il a besoin et pas ce que l’on aime soi. Donner c’est entendre, c’est permettre à l’autre d’être différent. Permettre à l’autre d’être ce qu’il est c’est aimer. C’est aller au-delà du vouloir l’autre comme je le (la) veux, moi.

Découverte sans culpabilité aucune que notre amour est mêlé d’attente et que, pour cette raison, nous cherchons plus souvent notre bonheur que celui de l’autre, à travers ce mot. Gratitude de voir nos yeux s’ouvrir. C’est comme se trouver devant un immense paysage à découvrir. Et comme dans l’exploration d’un paysage, conscience que chaque pas est d’abord quitter « le pas précédent ». Alors seulement nous marchons vraiment. Et tous les termes employés dans le lexique de la spiritualité commencent à se dévoiler. Nous ne cherchons plus à comprendre, nous découvrons.

Et un jour, nous commençons à vivre ce que décrit Dilgo Khyentsé Rinpoché :

« Une fois que vous aurez réalisé la Vue, bien que les perceptions trompeuses du samsara puissent encore s’élever dans votre esprit, vous serez semblable au ciel : quand un arc-en-ciel apparaît, le ciel n’est pas particulièrement flatté, et lorsque des nuages surviennent, il n’est pas particulièrement déçu. Vous éprouverez un profond sentiment de contentement. Vous exulterez en votre for intérieur en voyant que le samsara et le nirvana ne sont qu’une façade ; la Vue inspirera constamment gaieté et humour, et un léger sourire intérieur pétillera toujours en vous. »

Dilgo Khyentsé Rinpoché

Je vous invite à voir encore et encore cet enseignement d’Atmananda Udasin. N’oubliez pas d’activer les sous-titres en français disponibles :

Savoir qui nous sommes met fin à toutes les questions

Belle semaine

François

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