D’un jour à l’autre 363 : se quitter pour se trouver.

« Observe-toi toi même, et chaque fois que tu te trouves, laisse-toi ; il n’y a rien de mieux.* »

Maître Eckhart « Traités et sermons », GF, 1995, p.81.

Cette parole de maître Eckhart, proposée par Jean-Marie dans son commentaire « d’un jour…362 » est pendant longtemps comprise, portée au nue, mais pas entendue ; un jour elle devient une pratique difficile et exigente, à partir d’une saveur concrète, sans pensée.

Quand nous trouvons-nous ?

C’est la première question à laquelle nous devons répondre, non pas intellectuellement, mais en voyant clairement où se niche ce que maître Eckhart nous conseille de laisser.

Et là rien de nouveau sous le soleil !

À chaque instant moi se manifeste de façon très concrète à travers attente, inquiétude, vouloir, refus, besoin etc…

Cela veut-il dire que nous devons baisser les bras et ne plus rien faire ?

En devenant présent à notre réalité nous voyons qu’en nous il y a des attentes, des peurs, des refus, particuliers. Tout un monde unique est là, que nous n’avons ni choisi, ni voulu.

Alors que doit-on laisser ?

Simplement cela qui ressent « mes » attentes, « mes » peurs, « mes » refus.

Que doit-on voir ?

Que ce qui se manifeste à chaque instant c’est un mécanisme absolument même chez tous et toutes : l’identification de la conscience « à ».

Ceci étant vu, moi si « unique », devient d’une conformité affligeante.

Alors nous est révélé qu’il pourrait y avoir simplement la vie, unique en chacun, chacune, dans son expression, l’accomplissement ou non à chaque instant des projets qui naissent en chaque conscience, sans personne pour refuser ce qui est.

Ainsi nous voyons que se trouver et se laisser concerne juste un vécu d’adhérence, une main qui se ferme pour tenir, attraper, au lieu de rester ouverte à ce qui s’y pose, à ce qui s’en va. Un petit tyran dont la tyrannie provoque sa propre souffrance et celle des autres, de la terre, et du monde.

Se laisser, c’est devenir l’ami attentif de sa propre vie autant que de la vie. C’est s’efforcer d’accomplir ce qui est « ici », comme un jardinier permet à l’arbre tel qu’il est de donner les meilleurs fruits conformément à ce qu’il est. Et pour espérer un jour devenir ce jardinier, un seul chemin :

« Observe-toi toi même, et chaque fois que tu te trouves, laisse-toi ; il n’y a rien de mieux. »

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Belle semaine

François

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