D’un jour à l’autre 362 : intérieur, extérieur…

Plus ma vie s’écoule, plus je ressens ces deux perceptions comme le chemin même. Jean-Marie partageait dans son commentaire sur le texte précédent (d’un jour à l’autre 361) un échange avec un ami : Alain. J’en prends juste un extrait :

Alain : « « Dans le vieillissement, on s’élargit. » 

Jean-Marie : « « Moi j’ai plutôt le sentiment que les choses me quittent. C’est ainsi que je ressens le vieillissement. L’énergie s’amenuise. Et la conviction. Et l’enthousiasme. Et la passion… »

Alain : « Il reprit : « Je ne ressens pas ça. On s’élargit. On est moins encombré. On devient tout neuf. […] Il me semble que je vois les choses, je ne sais pas, l’herbe dans ton jardin par exemple, pour la première fois. »

Cela me fait penser qu’il y a toujours eu en Inde, des voies pour nous accueillir tel que nous sommes.

Ces voies, nous ne les choisissons pas, c’est elles qui nous choisissent. Elles correspondent à une relation particulière intérieur/extérieur.

Ainsi la voie qui part de l’affirmation : « je suis tout »

Ainsi la voie qui part de l’affirmation : « je ne suis rien »

Et l’une comme l’autre met en cause le point de vue : « je suis moi. »

S’ouvrir toujours plus, c’est mourir à soi-même en ce que nous sommes ici et maintenant.

Devenir rien, c’est mourir à soi-même en ce que nous sommes ici et maintenant.

La clef dans la pratique de ces deux voies c’est de voir comment cherche à survivre « moi ».

S’ouvrir est une voie dans la mesure où chaque ouverture dissout « celui même qui constate l’ouverture ».

Constater que les choses nous quittent est une voie dans la mesure où ce constat dissout « celui même qui constate que tout le quitte ».

Si la conscience devient espace d’accueil pour tout ce qui survient, en cet élargissement elle retourne à elle-même en ce qu’elle est.

Si la conscience devient espace d’accueil pour tout ce qui la quitte, en ce dépouillement elle retourne à elle-même en ce qu’elle est.

Ce qu ‘elle est c’est « vide de moi », vide de moi est « ananda, béatitude », comme en témoigne Nisargadatta Maharaj :

« Quand je vois que je ne suis rien, c’est la sagesse. Quand je vois que je suis tout, c’est l’amour. Et entre les deux, ma vie s’écoule »

« En réalité, rien n’arrive. La destinée projette éternellement, sur le mental, ses images, souvenirs d’anciennes projections ; l’illusion, ainsi, se renouvelle constamment. Les images vont et viennent – lumière interceptée par l’ignorance. Voyez la lumière et négligez le film.
Tant que vous attacherez de l’importance aux idées, les vôtres et celles des autres, vous connaîtrez le trouble. Mais si vous rejetez tous les enseignements, tous les livres, tout ce qui s’exprime en mots, si vous plongez profondément en vous-même et vous y trouvez, rien que cela résoudra tous vos problèmes et vous laissera la pleine maîtrise de toutes les situations, parce que vous ne serez plus dominé par les idées que vous avez de la situation. »

Graines de conscience, Entretiens recueillis par Jean Dunn entre juillet 1979 et avril 1980
Traduit par Marie-Béatrice Jehl, Éditions Les Deux Océans, Paris, 1982.

citation dogen

 

 

Jeanne Schut : Ajahn Chah – Sagesses Bouddhistes 2018 – YouTube

 

Belle semaine

François

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