CYB : Deuxième Partie

Qui peut bien être cette femme ?

C’est ce que je n’arrête pas de me demander depuis l’arrestation d’il y a quelques heures. J’ai sans problème terminé ma journée, bien évidemment, mais cette fichue question ne me quitte plus. Et même en ce moment, pendant que l’arrière de ma tête est branché à ma station de recharge, c’est quelque chose qui me taraude.

En temps normal… Peut-être que ça ne m’aurait pas dérangé. Mais cette dame était si… insistante. Si… convaincue. De plus, les mots qu’elle m’a dits m’ont perturbé, je dois l’admettre.

Nous pensions que tu étais mort !

De qui parle-t-elle ? Qui est « nous ? » Mort ?

Pour la première fois depuis mon activation, je ne sais plus quoi penser. Je n’ai pas envie d’y penser, je veux pouvoir me recharger tranquillement, comme je l’ai toujours fait. Mais non, à la place, je n’arrête pas de me retourner, de gigoter parce que ces petits mouvements me permettent d’oublier ce qui s’est passé pendant une fraction de seconde. Il faut dire que le silence qui règne dans mon unité de restauration est bien loin de m’aider à me concentrer sur autre chose.

Avec un soupir, je décide de m’asseoir. Je secoue la tête, sentant le câble branché à mon port d’accès suivre le mouvement. Je consulte rapidement l’écran à ma gauche pour voir mon niveau de charge : je suis à 97 %. Il me faut donc attendre encore un peu avant de pouvoir sortir. Heureusement pour moi, il y a certaines choses que je peux faire de mon unité et c’est exactement ce que je fais.

Je me déplace légèrement avant de me retrouver devant l’ordinateur central de cette station.

« Ordinateur, j’aimerais trouver quelques renseignements.

— Bien sûr, Cyborg 1808. Placez votre annulaire biologique sur le cercle lumineux. »

Je le fais sans attarder. Le cercle scanne mon empreinte digitale et, mon identité étant officiellement reconnue par l’ordinateur, je peux poursuivre mes recherches. Cette fois, je décide de me donner un petit coup de pouce. J’appuie sur le côté de ma tête pour ouvrir le compartiment des cartes mémoires et d’accès et je sors celle qui est directement reliée à la reconnaissance faciale. D’un mouvement fluide, je la glisse dans le port d’accès de l’ordinateur et attends que le dossier s’ouvre. Les images apparaissent une à une sur l’écran et quand je la repère enfin, j’arrête le mouvement.

« Ordinateur, trouve-moi toutes les informations possibles au sujet de cette femme.

— Recherche en cours… Un instant. »

Ma main mécanique reste appuyée sur ma cuisse pendant que l’autre témoigne de mon impatience. Mes doigts tapotent jusqu’à ce que l’ordinateur bipe, me faisant savoir que la recherche est complète. De sa voix artificielle, les résultats me sont présentés.

« Isabella Caramis, 32 ans, deuxième enfant de sa fratrie de six. Elle est la fille de Joseph Caramis, un mécanicien, et de Moira Winches, conductrice d’autobus. Madame Caramis est mère célibataire d’un garçon de six ans. Père inconnu.

— Son occupation principale ?

— Elle en a plusieurs. Secrétaire d’un cabinet médical, concierge, serveuse au restaurant Le Progrès et commerçante de détail à la boutique de vêtements située au…

— D’accord, je vois. Son adresse, alors ?

-7894, rue du Vaillant. Appartement 36, au troisième étage. Besoin du code postal ?

— Ça ira, merci, Ordinateur. »

Je reprends ma carte mémoire et la reglisse dans mon compartiment crânien avant de le refermer. Ensuite, je tourne la tête vers l’écran et je vois que je suis entièrement rechargé : de ce fait, je débranche le câble à l’arrière de ma tête et procède à mes quelques étirements. J’enfile par la suite mon uniforme et quitte mon unité, me dirigeant vers la salle de réunion dans laquelle se tiennent tous les briefings journaliers. Je ne sais pas ce que ma journée me réserve, mais je sais ce que sera la première chose que je ferai en sortant d’ici. Il est temps d’aller parler à Isabella Caramis et d’obtenir de vraies explications.

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