AOC n°61

Allez zoup, ça faisait longtemps que je n’avais pas fait de point sur les lectures AOC. Comme d’habitude, très contente de la qualité des textes et de leur diversité. Quoi c’est-y donc qu’il y a dans ce numéros ? C’est partis !

  • Abîme intérieur de Stéphane Paccaud
    Plonger dans le cerveau du regretté David Lynch pour y repêcher un chef-d’œuvre inédit? Cela peut paraître une bonne idée dans un monde que l’inspiration semble avoir déserté. Mais pour cela il va falloir descendre, très, très profond. Et attention : un génie peut en cacher un autre !

Une plume qui tient la route et qui m’a transportée, un univers cyberpunk particulièrement bien trouvé. J’ai craint un instant d’être larguée par l’univers David Lynch – j’aime le cinéma et je connais le nom bien sûr, mais je dois avouer que ça fait partie des références que je n’ai pas – , mais que nenni, c’est léger (et pour le coup ça m’a donné envie d’aller explorer cet élément qui m’échappait). La société gavée de télé-réalité et de produits culturels qui ne se renouvellent plus mais tournent en boucle sur les mêmes schémas trouve forcément un échodans notre réalité. La conclusion, bien qu’attendue à partir d’une certaine révélation, est assez savoureuse. Mon texte préféré sur les trois.

  • De l’autre côté de l’écorce d’Anne Goudour
    Pour sauver une forêt des flammes, un pompier va devoir travailler avec des alliés inattendus. Il découvre des arbres qui luttent pour leur survie entre un monde urbain toujours plus destructeur et la progression d’espèces invasives. Et si, contre toute attente, leur salut reposait sur les épaules d’un humain ?

Avis un peu plus mitigé sur ce texte. Plus classique, je l’ai trouvé agréable à lire, facile à appréhender, mais sans réel point marquant. Le thème choisi – l’écologie, les méga-feux, les changements climatiques – me touche, forcément, mais j’ai trouvé le traitement un peu tiède, et je dois avouer que le choix des dryades et de leur mise en scène ne m’a pas plus transportée que ça.

  • Tu n’es pas Charlie de Vivien Esnault
    Jusqu’où peut aller le fanatisme quand il se couple avec des technologies de pointe ? Et les valeurs que l’on se plaît à défendre haut et fort sur les réseaux sociaux, sommes-nous prêts à les assumer jusqu’au bout ? Le courage, ça s’use vite lorsque l’on vit en permanence dans la peur.

Sûrement le texte le plus poil à gratter des trois. Je lui reconnais une réussite : celle de faire s’interroger sur la notion d’engagement, sur le sens de nos clics, likes et partages sur les réseaux. Pour autant, j’ai eu beaucoup de mal, idéologiquement, avec ce texte. La narration en « tu » a pris à mes oreilles un ton assez accusateur et jugeant (et d’ailleurs avant même la lecture, le titre m’a dérangée). Si je comprends la démarche de l’auteur, j’ai beaucoup de mal avec ce qui ressort humainement de ce texte, je ne le trouve pas juste. Les premiers pas dans une lutte sont-ils toujours réfléchis et rationnels ? A-t-on conscience de ce qui nous attend réellement ? Très honnêtement, j’en doute fortement. Ma gêne a néanmoins occasionné la mise dans les mains de mon conjoint (tiens, lis ça, t’as pas le choix et on en discute après, oui des fois l’Elfette est dirigiste ^^), et la discussion qui en a résulté était des plus intéressante (et dans le fond… c’est aussi ce que j’attends d’un bon texte, même si je ne suis pas d’accord avec 🙂 ).

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