Anton Tchékhov – Les groseilliers

Les initiatives sur la blogosphère ne manquant pas, j’ai décidé aujourd’hui de mettre en avant Le mois des nouvelles, initié par USVA. Il s’agit, comme son nom l’indique, d’un mois thématique, se déroulant du 1er au 31 janvier, et dont le but est de partager des lectures de nouvelles. Notre blogueuse ayant tout prévu, elle met même à disposition des participants une liste de suggestions au cas où l’inspiration vous manquerait, ainsi que de très jolis logos. Pour cette première participation, mon choix s’est orienté vers un petit recueil d’Anton Tchékhov, Les groseilliers.

L’idée de lire ce petit recueil de nouvelle m’est venu du blog Ally lit des livres, qui faisait récemment l’éloge de ce livre paru chez Folio et disponible pour le prix modique de deux euros.

C’est un petit livre, qui se glissera donc aisément dans votre sac, mais dont le thème n’en est pas moins des plus profonds, car chaque nouvelle nous parle de la vie. Dans « La peur », deux amis se promènent dans une propriété, l’un d’eux est malheureux et s’interroge sur le sens de la vie, la peur de vivre vraiment :

Moi, mon cher, la vie, je ne la comprends pas et la redoute. Je ne sais pas, peut-être que je suis malade, désaxé. Un homme normal, sain, a l’impression qu’il comprend tout ce qu’il voit et entend, mais moi j’ai perdu cette « impression » et de jour en jour je me laisse empoisonner par la peur. Il existe une maladie qui est la peur de l’espace ; eh bien, moi, j’ai peur de la vie. Quand je suis couché dan l’herbe et que je contemple longuement un insecte né de la veille et qui ne comprend rien, j’ai l’impression que sa vie est une suite ininterrompue de terreur et je me reconnais en lui.

Alors que la très courte nouvelle L’étudiant montre que l’homme doit aussi chercher le bonheur en s’inscrivant dans le temps long qui l’a précédé, dans l’histoire principale Les groseilliers, Ivan Ivanytch nous parle de son frère qui s’était mis en tête une idée : économiser pour acheter une propriété à la campagne.

Il esquissait un plan de sa propriété et c’était chaque fois la même chose : a) la maison des maîtres, b) les communs, c) le potager, d) les groseilliers. Il vivait chichement : il ne mangeait ni ne buvait son content, s’habillait Dieu sait comment, comme un gueux, il ne faisait qu’économiser et porter son argent à la banque. Il était terriblement près de ses sous. Il me faisait peine àvoir, je lui donnais un peu d’argent et lui faisais des cadeaux pour les fêtes, mais cela aussi, il le mettait de côté. Quand un homme s’est mis une idée en tête, il n’y a rien à y faire.

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle qui peut d’une part inciter le lecteur à ne pas attendre pour réaliser ses rêves (le temps passe !), mais interroge aussi avec beaucoup d’acuité sur le plaisir égoïste.

Enfin, Ionytch nous parle du Docteur Startsev, qui s’éprend d’une jeune fille bourgeoise, qui se refuse à lui, avant de partir à Moscou. Entre temps, il l’oublie, grossit, devient cupide. Quand la jeune fille revient vers lui, l’amour et le temps sont passés…

En résumé, un livre court, très bien écrit avec en arrière-plan la vie provinciale russe de la fin du XIXème siècle que je vous conseille de découvrir…

X en l’achetant chez votre libraire

X ou en l’empruntant dans votre bibliothèque

en lisant autre chose

Les groseilliers et autres nouvelles, de Anton Tchékhov, traduit du russe par Edouard Parayre et revu par Lily Denis . Folio, 2015. 112 pages.

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