Amours sorcières – Tahar Ben Jelloun

La dépression ça arrive, ça ne prévient pas, c’est comme la passion, c’est comme une maison qui s’écroule sur vous et vous ne bougez pas, vous n’essayez pas de vous dégager, de repousser les grosses pierres qui vous font mal, de sortir la tête de dessous les décombres pour respirer et vous sauver.

J’ai d’habitude beaucoup de mal à lire des recueils de nouvelles. Mais là quel plaisir ! A l’instar des contes traditionnels, Tahar Ben Jelloun nous raconte l’intimité d’hommes et de femmes, leurs amours, leurs détresses, leurs peines et leurs trahisons.

A travers ses nouvelles, c’est tout le Maroc qui nous est dévoilé, de ses villes à ses campagnes, de ses milieux aisés à ses milieux pauvres. C’est toute une société, une politique, une Histoire qui nous est narrée. On découvre les us et coutumes des marocains concernant le mariage, les relations amoureuses. J’ai beaucoup aimé les nouvelles où l’on voyait la sorcellerie à l’état pure influencée les relations.

L’auteur emploie un ton cynique et très critique pour exposer son pays d’origine, sa société, son peuple. Il n’épargne personne, il critique, expose tout le monde mais ses textes restent rempli d’espoir. Les grandes envolées philosophiques sont toujours présentes dans ses textes et on a l’impression en refermant ce livre que l’on en est ressorti grandi.

Gros coup de coeur pour trois nouvelles en particulier : « Naïma et Habiba », « Hammam » et « L’enfant trahi ». 

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