12 décembre

Soeurs

Soeurs

Margaret avait épousé Henry cinq ans plus tôt. C’était un riche propriétaire du sud des États-Unis. Il était courageux, avait une bonne éducation et semblait intelligent et ambitieux. Du moins c’était l’idée qu’elle s’en était faite les premières fois qu’elle l’avait vu.

Les premières années de leur mariage furent dignes d’un conte de fée. Elle était heureuse, son mari était aimable avec elle, la traitait bien, avec équité et semblait l’aimer. Elle finit par tomber amoureuse de lui. Ce furent les plus belles années de sa vie.

Très vite, elle tomba enceinte et mis au monde deux petites filles, Elizabeth et Mary. Les jumelles ne lui apportèrent que joie et fierté et si ce n’était ses parents qui lui manquait, aucun malheur ne venait troubler son bonheur.

Jusqu’au jour où sa jeune esclave Rachel accoucha elle aussi de jumelles, deux petites mulâtresses. Elle se persuada que ce n’était qu’une coïncidence.

Elle avait entendu des rumeurs qui courraient parmi les esclaves de son mari mais comment prêter foi aux mots de ces gens-là ?

Mais la jalousie c’était immiscé dans le cœur de Margaret. A partir de ce jour, on la vit de moins en moins sourire.

Plus les fillettes grandissaient, plus elle les voyait jouer ensembles et plus elle leur trouvait de ressemblances.

Elle finit par interroger son mari. Était-il le père des deux jeunes esclaves ? Pour toute réponse, elle reçut une gifle si forte que sa joue resta marquée pendant plusieurs semaines.

Ne pouvant plus se fier à son mari ni à son esclave, loin de sa famille, la jeune épouse se retrouva seule avec ce poison qui la tuait jour après jour.

Elle se mit à se méfier de tout le monde, à détester la moindre compagnie et, elle qui était appréciée jusqu’ici des esclaves pour sa douceur et sa probité devint dure et injuste.

Elle les faisait fouetter à la moindre occasion et c’est Rachel qui en fit le plus les frais.

Dans son immense cruauté, elle la fouettait elle-même, devant ses filles qui pleuraient et supplier leur maîtresse de ne plus faire de mal à leur mère.

Ces moments où elles les voyaient souffrir toutes les trois étaient les seuls moments où elle avait le sentiment de contrôler sa vie.

A cette époque, son mari ne la touchait presque plus, la regardait à peine et ne lui parlait que pour lui montrer sa supériorité. Dans le même temps, de nombreux mulâtres naissaient parmi les esclaves.

Brûlant de jalousie, voyant ses femmes noires avoir ce qui lui appartenait, profiter des caresses de son mari, quand elle n’avait que des reproches, Margaret devint de plus en plus tyrannique.

Quand les fêtes de fin d’année arrivèrent cette année-là, elle était au bord de la folie.

Comme chaque à cette époque de l’année, Henry laissait les esclaves libres de vaquer à leurs occupations, aller dans les villes alentours pour visiter leurs familles et leurs amis. Il ne gardait qu’un seul esclave à sa disposition. Cette année-là, cela tomba sur la pauvre Rachel, déjà victime des injustices de Margaret. Elle s’apprêta alors à vivre une nouvelle journée au service de ses maîtres. Elle appréhendait de se retrouver seule avec Margaret, lorsqu’elle devrait préparer les festivités. Mais cela n’arriva pas.

Ce fut pire.

Henry avait imaginé des activités particulières pour ses amis. Il voulait montrer à tous sa domination. Il leur montra surtout sa cruauté.

Rachel se retrouva lâchée dans le bois attenant au champs de coton avec pour tout vêtement une chemise de nuit en coton.

Et la chasse commença.

Montés sur des chevaux et armée de fusil à plomb, Henry et ses invités, se lancèrent à sa poursuite, la traquant pendant des heures et des heures. Parfois, ils lui laissaient de l’avance pour faire durer le jeu plus longtemps. Pourchassée comme une bête, la pauvre Rachel essayai tant bien que mal d’échapper à son sort.

Margaret observait de loin.

Rachel réussit à se cacher dans fourré, tremblante de froid et de peur. Elle s’était recouverte de boue et de feuilles pour se camoufler. Les chasseurs, ne retrouvant pas sa trace, décidèrent de se séparer pour couvrir plus de terrain.

Margaret choisit ce moment pour passer à l’action. Elle arma son fusil et s’enfonça dans le bois.

Voyant un cavnry. Elle les regarda le dévorer avec avidité, déchirer ses chairs, broyer ses os. Elle ne s’était jamais sentie aussi vivante de toute sa vie.

Quelques mois plus tard, la veuve, enfin maîtresse de son domaine et de sa vie, signait la lettre d’émancipation de Rachel et de ses filles.

alier, vêtu de vêtement de chasse, Henry s’approcha en toute confiance de son camarade.

Elle lui tira une balle dans la jambe d’abord, puis une autre dans son bras droit, le désarmant. Le visage d’Henry se tordit sous la douleur et la stupeur. Il tomba de son cheval et regarda avec frayeur la personne qui lui avait tiré dessus. Il n’était plus l’homme viril et courageux que Margaret avait toujours connu. Il était devenu un pleutre qui implorait pour sa vie. Elle le regarda avec dégoût et lui tira une balle en plein cœur.

Elle traqua les autres hommes et les tua un par un puis les donna en pâture aux chiens en commençant par celui d’Henry. Elle les regarda le dévorer avec avidité, déchirer ses chairs, broyer ses os. Elle ne s’était jamais sentie aussi vivante de toute sa vie.

Quelques mois plus tard, la veuve, enfin maîtresse de son domaine et de sa vie, signait la lettre d’émancipation de Rachel et de ses filles.

à lire en écoutant Helen’theme, Candyman interprété par l’Orchestra Cinématique

Conseil de lecture : Incidents in the life of a slave girl de Linda Brent

Une traduction française (payante) est disponible ici


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