Des mirages plein les poches – Gilles Marchand

À la rencontre du livre…

Titre : Des mirages plein les pochesDes mirages plein les poches

Auteur : Gilles Marchand

Éditions : Aux forges de Vulcain

Genre : Recueil de nouvelles

Publication : octobre 2018


L’histoire…

Un musicien de rue, un homme qui retrouve sa vie au fond d’une brocante, des chaussures qui courent vite, deux demi-truites, une petite lampe dans un couffin, le capitaine d’un bateau qui coule, la phobie d’un père pour les manèges, un matelas pneumatique… On ne sait jamais qui sont les héros des histoires de Gilles Marchand : objets et personnages se fondent, se confondent et se répondent chez cet auteur qui sait, comme nul autre, exprimer la magie du réel. Sous ses airs de fantaisiste, il raconte la profondeur de l’expérience humaine.


Des mirages plein les poches, de l’émerveillement plein les yeux

                Après avoir été séduite par Un funambule sur le sable et être tombée sous le charme d’Une bouche sans personne, je ne pouvais pas passer à côté du nouveau Gilles Marchand. Même si je suis toujours moins sensible aux nouvelles qu’aux romans, Des mirages plein les poches sont un enchantement et on s’évade à chaque nouvelle histoire.

                On retrouve dès les premières phrases et avec un plaisir immense le style si particulier, si délectable de Gilles Marchand. L’imaginaire candide, les associations loufoques entre le sens propre et le sens figuré des mots… Tous les ingrédients dont l’auteur a le secret sont au rendez-vous pour nous permettre de nous évader dans cet univers complètement déjanté qui m’avait déjà beaucoup plu dans les deux romans précédents. Dans ces Mirages, j’ai aussi eu le sentiment que Gilles Marchand s’aventurait encore plus loin dans l’irréel, nous emmenant par là dans des rêves plus magiques encore.

                On renoue également avec la poésie propre à cet auteur de génie qui nous fait vivre tout un éventail d’émotions. Passé le rire provoqué par certaines images insolites, ce sont principalement la tendresse et la nostalgie qui nous gagnent à la lecture de ces nouvelles. Et l’admiration aussi, face à ce tour de force de Gilles Marchand : nous émouvoir même avec les histoires les plus folles et les plus improbables. La grande réussite de cet ouvrage réside en effet bien là : on sait pertinemment que rien de ce qui est écrit n’est possible, que la réalité est largement déformée. Et pourtant, on accepte sans réserves d’y croire, parce que ces histoires sont belles, nous émeuvent et nous font rêver.

                La bonne surprise des Mirages plein les poches demeure aussi dans le tour plus sombre que prend Gilles Marchand et qu’on ne lui connaissait pas vraiment. Un pessimisme assez inattendu vient se mélanger à la fantaisie des récits, pour un résultat aussi curieux que saisissant. Ce nouveau ton donne alors un côté beaucoup plus sérieux aux récits et livre un regard troublant sur notre société. L’auteur nous montre en effet qu’il sait parler comme personne des défauts de notre monde, de manière à les appréhender sous un autre jour et, qui sait ? y remédier par la poésie de sa prose, de ses textes.

                Nous faire rêver, nous faire réfléchir… tout cela tient du talent de conteur de Gilles Marchand qui nous épate une fois encore. Ce dernier cultive l’art de nous surprendre et nous offre de véritables nouvelles à chute. Lorsqu’on démarre notre lecture, il nous est impossible de savoir où celle-ci va nous emmener. Le lecteur est sans cesse berné, mené par le bout du nez par l’auteur qui s’amuse à le pousser dans une certaine direction, à se faire telle ou telle interprétation de l’histoire, pour mieux le contredire ensuite, le prendre au dépourvu. C’est un pur régal de se laisser entraîner, ballotter entre tous ces récits.

                Des mirages plein les poches de Gilles Marchand est un concentré de fantaisie et de rêve. Dans chacune de ces nouvelles, l’auteur nous prend par la main pour aller explorer son univers déjanté, mais tellement poétique et tendre. À prescrire d’urgence pour tous ceux en manque d’évasion, en mal d’imaginaire.

BÉNÉVOLES RECHERCHÉS

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La paresse et l’orgueil : les deux péchés capitaux de l’ère numérique

Entrevue avec Martín Movilla  par Diana Obregón

Martín Movilla, journaliste de l’émission Enquête qui collabore aussi à la rédaction
web chez Radio Canada, nous parle de fausses nouvelles, de désinformation et
des défis des médias traditionnels face aux médias sociaux.

De nos jours, tout individu peut produire de l’information susceptible
d’être diffusée de manière massive. Comment faire face aux fausses nouvelles?

Autrefois, pour pouvoir parler en
public, il fallait trouver l’espace et l’auditoire. De nos jours, on écrit
quelque chose sur Facebook ou Instagram et tout le monde va réagir. Les réseaux
sociaux sont des espaces où les gens
partagent leur vision des choses
avec l’intention de se réconforter
eux-mêmes. Ils divulguent uniquement des choses qu’ils aiment et qui traduisent
leurs idées. C’est très ironique parce ça fait des années que le public
critique les médias traditionnels parce qu’ils manipulent et mentent.

Plus que donner aux gens le pouvoir
d’informer, les réseaux sociaux sont devenus un énorme noyau de manipulation de
l’information. Il arrive que les gens publient des fausses nouvelles et que
même après avoir su que l’information est fausse, ils ne retirent pas
l’information. La propagation de fausses nouvelles n’est pas exclusive au commun
des mortels. Dans le but d’informer en premier, des présidents, des
journalistes et d’autres figures
publiques sont déjà tombés dans le piège
des fausses nouvelles.
Certains d’entre eux ont réagi en publiant des communiqués de presse en réponse
à des articles tirés de sites qui préviennent clairement le lecteur de l’aspect
fictif de l’information qu’ils produisent. Cela démontre que les gens ne
prennent pas le temps de lire attentivement. Le contrôle sur le filtrage de l’information dépend du lecteur
même. La solution est simple, il faut chercher plus d’information avant de
partager quoi que ce soit.

Quels sont les défis des médias traditionnels à l’ère des réseaux
sociaux?

« Plus que donner aux gens le pouvoir d’informer, les réseaux sociaux sont devenus un énorme noyau de manipulation de l’information. »

Les médias traditionnels doivent
tenir compte de l’existence de ces derniers et comprendre que le public
s’informe par ce moyen. Les réseaux sociaux sont là pour nous donner des pistes de recherche et des nouveaux
espaces de diffusion. Ils sont par ailleurs en train d’influencer la façon dont
les médias reproduisent l’information : il est dorénavant plus important
que jamais d’informer rapidement. Nous devons donc garder en tête que plus
qu’informer en premier, il faut bien informer. En maintenant les standards
journalistiques d’impartialité,
de rigueur, de responsabilité sociale
et d’information, les médias
traditionnels pourront réassumer leur juste valeur et réaffirmer leur leadership.

« Les réseaux sociaux sont là pour nous donner des pistes de recherche et des nouveaux espaces de diffusion. »

Flocons d’amour

Flocons d’amour de John Green, Maureen Johnson et Lauren Myracle 345 pages, éditions Le Livre