Musique et style: Blues de l’Automne ou réaction au paradoxe mélancolique d’Aurelie

Il est vrai que j’ai cette tendance à rire de tout, de me jouer du moindre objet. Cela pourrait donner l’impression que rien ne m’atteint, que rien ne m’émeut mais bien au contraire, je peux ressentir et vivre l’éventail des émotions qu’il nous est possible de traverser en tant qu’être vivant.

Prendre du recul et s’amuser des petits riens n’est possible que lorsqu’en parallèle nous vivons à 100%. Je pense que tout le monde est d’accord pour dire qu’observer l’existence n’est pas suffisant pour la comprendre. Il faut y mettre du sien, souffrir, grandir, apprendre puis avancer en conséquence.

Qu’arrive-t-il? Ce revirement sérieux, voire dramatique est perturbant, oui même troublant après la fan de Johnny Halliday on s’attendait à bien se marrer avec le fan d’Eddy Mitchel! Pas cette fois-ci, car l’heure est grave, tenez vous bien, cette année encore nous serons privés de l’automne. En effet, comment voulez-vous profiter de la vie alors que nous n’avons plus que trois saisons? Que penserait Vivaldi?

Oui, je sais, l’automne est noté sur le calendrier, mais le voit-on dehors? Non. C’est comme l’année d’avant et l’année d’avant et ainsi de suite, on passe de 27°c. à 10°c et inversement proportionnel depuis que « l’automne » est arrivé. Ça ne fait pas tilt dans la tête? La France hésite clairement entre l’été et l’hiver mais une chose est certaine, elle ignore l’automne, ma saison préférée.

Moi qui suis fou de l’ocre, des tapis persans de feuilles mortes, c’est tellement émo! J’étais bouleversé lorsque j’ai lu le merveilleux billet d’Aurélie et j’en rage de ne pouvoir profiter de la douce mélancolie collective de l’automne.

Deux solutions s’offrent à moi: la première et la plus folle, déménager au Québec et vivre l’Automne, le vrai celui de Verlaine finalement. La seconde solution, et celle que j’ai choisi: le déni, plus simple et moins coûteux. Je me persuade que l’automne existe, alors qu’il fasse 10 ou 27°c je porte un imper, un bonnet et des bottes de pluie et m’imagine sautant dans les flaques d’eau. Lors de mes temps libres, je ramasse les feuilles mortes et les colle dans mon recueil de poèmes super tristes.

Le blues de l’automne s’est emparé de moi et plutôt que de céder à mes pulsions de tristesse, je vous propose de vous noyer dans le fantasme de l’automne. Qui mieux qu’un Canadien pour terminer en beauté mon déni de la non-existence de cette saison: City and Colour. The girl.

 

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