L’histoire de Johnes et le port de Pilsga.

Le port de Pilsga était un endroit où la race humaine déversait les indésirables et était aussi le lieu de ralliement de toutes les crapules vivant à l’époque du XVIIIe siècle. On y trouvait des bars infestés de gens de divers âges qui, tous sans exception, avaient l’air d’avoir la quarantaine ou plus. Les rues empestaient tout ce qu’il y avait de pire : la maladie, la peur, la merde, l’alcool et surtout la mort.On n’y voyait guère plus loin que ses propres bottes (si on en avait…), la brume sombre et intoxicante rendait la vue impossible et était la cachette de tout les bandits et de tout les piètre voleurs, dieu savait qu’il y en avait …

Une chose fort étonnante dans cette ville est qu’il n’y avait aucun pilsgaois, que des voyageurs, des mendiants cherchant à trouver le rhum le moins cher (et le plus répugnant) et souvent des simples gens coincés dans ce trou à merde, rongés par le désespoir et poussés au crime.Toute femme civilisée et confiante était aussi trop ambitieuse, et était rabaissée ; contrainte de travailler dans la rue après la troisième journée : Les hommes étaient tellement macho, tellement odieux et tellement pervers que les femmes ne pouvaient jamais avancer dans cette ville démoniaque. Tout compte fait, c’était la pire ville du monde habitée par le peuple des enfers.

Tous des démons, sauf une personne. Bien que mal vue et dite sournoise au premier regard dans n’importe quelle autre ville de la planète, c’était bien la meilleure des personnes de Pilsga. Désolé, le moins méprisable de ces gens. C’était à l’origine, un garçon de poudre dans un navire de la marine mais lorsque le vaisseau avait été coulé par des pirates, il avait été le seul à s’en échapper vivant. Il était alors, 15 ans plus tard, un genre de pirate. Je dis bien un genre, car il était le seul à protéger quiconque contre le morbide sort réservé à tous dans cette ville. Cet homme s’appelait Johnes. Juste Johnes. Il en avait pas de nom de famille car, en toute logique, il n’avait pas de famille. Johnes marchait dans la rue en regardant toujours ses chaussures. Tous savait, sauf les plus ignorants ou juste les plus stupides, qu’il ne valait mieux pas s’en prendre à lui. On le connaissait plus sous le nom de « bent back johnes ». Il avait gagné ce titre grâce à une certaine technique de combat qu’il avait développée seul dans la solitude et le danger de la rue. Il se pliait dans tout les sens en en envoyant valser ses jambes et ses bras autour de lui comme s’il était frappé par la foudre. Souvent les passants voyaient un homme essayant de le battre pour impressionner ses camarades , finir parterre abasourdi. Bien que sans pitié avec ce genre de personne, Johnes laissait pourtant filer un pauvre mioche avec sa bourse le reste du temps. « Je laisse exprès assez d’argent pour acheter de quoi manger dans ma bourse . » disait-il lorsqu’on lui demandait pourquoi il laissait partir ce gamins.

Il vivait dans le toit d’une maison délabrée. Il était le seul à y vivre car tous avait peur de l’énerver un jour et d’en souffrir par la suite. Il y avait plein de trous dans le toit de son antre, qu’il couvrait avec des morceaux de tissus orange-rouge- ce qui donnait à cette chambre une lueur chaude lorsqu’il faisait beau, et une lueur sanguinaire lorsqu’il y avait de l’orage. Mais Johnes ne voyait nul autre endroit aussi plaisant que celui-ci ; en effet c’était en hauteur, ce qui donnait un joli aperçu de la brume toxique au levé du jour, sans compter la protection contre les projectiles, du genre bouteilles de rhum et autres choses pire que sales.

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