Les cyprès

Les cyprès

 

Son épaule douloureuse lui fait ouvrir les yeux. Sa tête est appuyée contre une vitre. Il se redresse, s’étire. Il est dans un train, seul dans son wagon. Tous les autres sièges sont vides. Le paysage dehors aussi. Il n’y a rien. C’est noir. Peut-être est-ce encore la nuit ? Il ne peut rien faire pour le savoir, sa montre a disparu. Il voudrait bien se lever, mais ses jambes sons si lourdes…

*

Le second réveil est plus brutal que le premier.

Une voix de machine vient, après avoir décliné son identité, de lui ordonner de descendre. Il constate en effet que le train est arrêté. Il a un geste pour attraper son sac, mais il n’y a rien. Il n’a pas de bagages. En avait-il avant de monter ? Comment est-il arrivé là ?

Il descend. Il marche sur de l’herbe, froide et humide. Il entend le train partir… Ça y est, il n’est plus là. Il lève le nez et voit un arbre. Un conifère. Grand… Un cyprès. Qui à la réflexion n’est pas seul. Il est entouré de cyprès. Il n’y a que ça. Au milieu de ces millions d’arbres, un chemin s’ouvre. Il s’y engage. Les cyprès s’écartent au fur et à mesure qu’il avance, pour mieux se resserrer derrière lui.

Réveille-toi, Alice…

Il ne marche pas longtemps, la forêt s’est arrêtée brusquement pour laisser place à une sorte de… clairière. Au milieu de laquelle se trouve un drôle de bâtiment parfaitement rectangulaire. Pas d’ouverture autre qu’une simple porte. Il s’en approche, l’ouvre et l’entre.

Il fait chaud. Il y a des gens. De la couleur.

On s’approche de lui. C’est une femme.

-Venez, on va préparer votre coin.

Il la suit tout en observant plus en détail le lieu. Le long des murs sont alignés des fauteuils dont la couleur semble suivre une certaine logique. Le pan de mur auxquels les sièges sont adossés sont peints du même ton que celui-ci. Toutes les nuances sont utilisées. Quelques fauteuils sont occupés. À certains endroits, le mur est laissé blanc. La femme s’arrête devant un pan de mur inoccupé et lui demande la couleur qu’il désire.

-Rouge ?

-Non, Monsieur, c’est impossible ici. Ici c’est vert olive ou mauve.

-Vert olive, alors.

Elle claque dans ses mains et une épaisse brume enveloppe son « coin ». Quand elle se dissipe, il trouve le même fauteuil que dans tout le bâtiment, de la couleur qu’il a demandé. Le bout de mur est peint.

La femme s’éloigne et le laisse seul. Il s’assoit mais quelques secondes plus tard toutes les personnes présentes quittent le bâtiment, des dizaines de démarches d’automates passent devant ses yeux. Il les suit sans réfléchir. Ils font le tour du bâtiment puis y reviennent. Tout le monde se place dans son fauteuil. Il les imite.

La lumière disparaît d’un coup. On voit la lune par le… plafond. Il réalise soudain que le bâtiment est transparent et laisse voir l’extérieur. Toutes les couleurs sont parties et les arbres dehors semblent les avoir absorbées : ils brillent, scintillent doucement. Leurs mouvements le bercent.

Soudain, un bâillement le prend, il ferme les yeux, puis les rouvre.

Les cyprès ont disparu.

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Voilà un petit texte qui date un peu, et que j’ai décidé de taper cet après-midi (il me semblait l’avoir déjà fait mais bon) vu que je suis en vacances et donc que j’ai du temps libre =D. C’est donc une petite nouvelle qui date un peu et que j’avais écrit suite à un rêve qui m’avait marquée. Ceci explique cela, l’histoire est incompréhensible et n’a donc aucune cohérence, c’est ce que donne mon cerveau la nuit en tout cas xD. Ca donne quelque chose d’un peu fantastique que j’aime bien finalement, même si je préfère choisir une interprétation rationnelle à la fin. A vous de voir !

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