Les bénéfices de la maladie (article 11)

REbonjour en ce beau dimanche, 3 juillet 2011

Je reviens de l’épicerie… Avant d’y entrer, je croise un jeune homme en fauteuil roulant. Il se place, là, près de l’épicerie parce que c’est passant. Il ne tend plus la main comme au début, pour demander des dons. Il a un sourire collé au visage et les gens de mon quartier le respecte. On lui donne des dons sans qu’il en fasse la demande. Il est atteint de la sclérose en plaques et vit seul.

Aujourd’hui, j’avais envie de m’arrêter (comme je le fais à l’occasion) pour prendre de ses nouvelles. Je trouve aussitôt qu’il a maigri. Il a l’air bien quand même. De fil en aiguille, je lui raconte mon aventure de processus de guérison. Il m’écoute avec de grands yeux ouverts. J’irai jusqu’au bout, que ce soit pour guérir, m’améliorer davantage ou frapper un mur de briques (C’est-à-dire pas de changements positifs). Il dit que je suis son inspiration.

Puis on aborde la question : « Veux-tu vraiment guérir? » Un sourire plus timide, accompagné d’une rougeur aux  joues, le jeune homme répond: » Je me suis déjà posé cette question. Et je ne sais pas quoi répondre. J’ai l’air fou de dire que je suis bien mieux dans ma peau maintenant que je l’étais avant, dans ma vie avant. Je suis connu dans le quartier, ça fait du bien d’avoir plein de gens qui t’abordent et t’encouragent. »

Pour ne pas le laisser dans l’embarras, je lui raconte l’histoire d’une personne que j’ai rencontré il y a plusieurs années. Un homme souffrant de diabète, est devenu aveugle comme cela peut arriver quand le diabète est sévère. Je lui avais demandé s’il souhaitait se prévaloir d’une nouvelle chirurgie qui faisait la manchette à l’époque, et redonnait la vue aux aveugles comme lui (pas aveugle de naissance)…  Il m’avait répondu spontanément: » Pas du tout! Aujourd’hui, je suis quelqu’un. Je donne des conférences, on m’apprécie, on m’applaudit. Je me suis fait faire des tasses avec mon nom que je donne en cadeau lors de mes conférences. Je suis bien ainsi ». Surprise!

Selon Guy Corneau, psychalyste, contrairement à ce que l’on pense, il y a des bénéfices que l’on peut retirer d’une maladie. Par exemple, certaines personnes se complaisent dans la plainte. La maladie leur sert à exprimer la gravité de leur situation. Avoir du temps est un autre  bénéfices secondaires de la maladie. Aucune responsabilité, pas de devoir, rien à faire. Il est facile de remplacer une identité par une autre, et de sombrer, par exemple, dans le rôle du malade qui attire compassion et pitié. Une personne peut préférer continuer à être malade pour continuer à exister aux yeux des autres.

Enfin, certaines personnes préfèrent   vraisemblablement rester en position d’enfant innocent qui vient montrer son « bobo » au bon  papa médecin ou à la bonne maman thérapeute dans l’attente d’une consolation. Ce mécanisme est encore plus fort quand les enfances n’ont pas été si heureuses et qu’un goût de trop peu flotte sur les lèvres. Ainsi, ces personnes règlent le problème d’avoir à faire de l’effort pour s’en sortir.

Quant à moi, je dis qu’il y a certes quelques avantages à être malade, mais les inconvénients sont souvent plus nombreux. On n’a qu’à penser à la médication et ses effets secondaires, aux nombreux deuils (travail, couple, amis), à la diminution des revenus, du confort, à la déformation de la silhouette, la perte de l’appétit sexuel, la fin de loisirs qu’on aimait, la perte d’autonomie, la restriction dans le voyagement ou le transport, etc

Le facteur qui fait pencher le plus notre décision d’entreprendre ou pas une démarche de guérison, est le travail personnel que cela demande. Au risque de répéter ce qui a déjà été dit, ça prend de la disponibilité, de l’ouverture, des déplacements, des moyens financiers aussi  (même si certains services sont disponibles à bas prix), du soutien des proches et de la persévérence. J’imagine facilement une personne âgée installée dans un centre d’hébergement qui voudrait débuter un processus de guérison, aurait beaucoup d’embûches à surmonter. Une mère de jeunes enfants ou d’adolescents même, qui doit intégrer des rendez-vous pour se soigner à travers son horaire chargé d’avance. Et ce n’est que quelques  exemples… Tout le monde ne peut pas passer à travers une telle expérience (ce n’est pas  toujours une question de volonté).

J’avoue que seule, une personne malade, peut parler ouvertement de bénéfices de la maladie.  Si ces propos sortaient de la bouche d’un individu en santé, j’imagine qu’il se ferait fusiller  sur le champs!!! Heureusement que je suis encore « malade »…

N’empêche que cela fait réfléchir…


Diane

 

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