Le tour d’écrou – Henry James

jamesUne jeune gouvernante raconte dans son journal intime son expérience au sein d’une maison anglaise, où elle eut pour tâche de s’occuper de deux orphelins, Flora et Miles. Miles s’étant fait renvoyer de son école privée, elle dut s’occuper de son éducation, sans savoir précisément quelle faute il avait commise, mais tout en se doutant d’une problématique de comportement.

Elle se rend rapidement compte qu’il se passe des choses étranges, surnaturelles, le jour où elle assiste à l’apparition de fantômes dans la propriété. Elle ne souhaite pas déranger l’oncle des enfants, le maître des lieux, qui vit à Londres. Elle souhaite toutefois tout faire pour aider les enfants.

Avec beaucoup de malice, Henry James piège son lecteur dans une histoire de fantômes dont il est impossible de sortir sans être allé jusqu’au bout. Je suis particulièrement friande de ces romans qui commencent par des introduction sous la forme de mystérieuses scènes de journal intime retrouvé. Dès les premières pages, j’étais donc dans l’ambiance. Puis, tout au long de la narration de la gouvernante, la tension monte tout decement. Le surnaturel est pourtant très peu présent dans les faits qui se passent et pourtant il est partout dans la narration. Ce dosage est très habile et le lecteur est pris au piège par toutes les allusions au surnaturel liées à l’état des enfants. Je me suis totalement prise au jeu de cette lecture, au point que la naïveté de la gouvernante m’agaçait – avec ses airs fleur bleue. J’étais à deux doigts de lui parler pour lui dire que faire pendant ma lecture… J’ai été surprise par le talent de Henry James à faire monter la tension avec une finesse qui donne beaucoup de cohérence à quelque chose qui n’a pourtant rien de rationnel. Bref, c’est un classique à ajouter à votre LAL si vous ne le connaissez pas déjà.

Référence

Henry James, Le tour d’écrou, éditions Librio, traduction de Jean Pavans, 160 pages

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