La meuf qui… passe le permis.

Cette meuf s’appelle Karima FRESHRABZA. Elle est inscrite depuis trois ans à l’auto-école du quartier géré par Miloud BARBESCROC. Après 158 heures d’entrainement dont une gratuite offerte généreusement par Miloud, notre belle apprentie a enfin reçu le saint graal, cette formidable nouvelle qu’elle attendait depuis des années, celle qui apparaissait sous forme de songe dans ses faibles nuits d’étudiante en éco-gestion, celle qui lui donnait un soupçon d’espoir à chaque fois qu’elle s’approchait d’une Twingo, celle qui porte le formidable nom de « date ».

Oui c’est bien cela, aujourd’hui, le 4 juin 2011, Karima est enfin convoquée pour passer l’examen de la conduite. Il est 7h59 et le stress monte, l’inspecteur arrive, un vieux daron antillais au regard vicelard, pas le genre de personne à dire « Hey chewi coco on va zouker ? », mais plutôt à persister dans un silence de marbre à en faire stresser plus d’un.

Karima n’est pas la première candidate à passer, trois autres élèves conduiront avant elle. A 10h10, son tour arrive, la peur devient insupportable, elle ne peut s’empêcher de penser à toutes ces heures payés et ce temps gaspillé depuis des années qu’elle risque de voir s’envoler subitement. Elle pense également à sa daronne qui, ce matin, l’a tendrement encouragé « Wallah, hmala si tu rates, jti donne plus rien ». Karima est à bout, elle se ronge les ongles, elle se mordille la lèvre inférieure, elle transpire. (Pour les mecs, comprenez : Elle devient bonne.)

10h15, Karima monte dans la 207 verte de l’autoécole « Chi Chez Miloud tout roule. ». Elle balance un bonjour tremblotant, règle son siège, ses rétroviseurs, accroche sa ceinture, allume le contact, démarre… et calle. Karima devient rouge et réfléchit comme elle sait le faire, avec intelligence : « Ca y est c’est fini, maman vas me niquer…. ».
Quelques secondes passent, elle recommence (sans oublier, cette fois-ci,  le frein à main) la voiture démarre, et roule. Miloud, dans la banquette arrière, s’écrie joyeusement : «  Ah, ti vois ? Dans le voiture de Miloud, tout roule ! ». La blague n’est pas drôle, l’inspecteur n’esquisse pas même un sourire, l’atmosphère devient plus lourde, mais ce n’est pas fini. Après une centaine de mètres, Karima aperçoit grâce au reflet du rétroviseur, le visage de son moniteur, un sourire coquin et deux dents pourries.  Il lui lance un clin œil de blédard et lui pose gaiement une question hors contexte que même dieu n’aurait pas prévu : « Ti connais la chicha de barbes à côté de chez Mahmoud ? Wallah si tri propre ».

Pourquoi cette question débile à un moment si particulier ? Personne ne le saura jamais.

Karima ne comprend pas, elle semble désarçonnée par cette interrogation de vicelard, serait-ce un piège ? Il ne suffit alors que de quelques secondes à notre pauvre élève pour perdre sa concentration,  un panneau apparaît subitement dans son champ de vision, c’est trop tard, elle vient de griller un « stop ». Merde !

Deux jours plus tard, elle reçoit la lettre. Sans surprise : « défavorable ». Miloud l’appelle, lui propose un nouveau forfait 85 heures et un t-shirt « Miloud ça roule » pour la réconforter. Quel mec bien ce Miloud !

To be continued…

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