L’avenir appartient aux plus petites cylindrées.

Éditorial de Benoit Charette

C’est le mot d’ordre de l’industrie de l’automobile depuis déjà quelques années. Les V8 disparaissent au profit des V6, les V6 laissent la place aux 4cylindres. Ford propose déjà des 3cylindres turbo, et même les voitures exotiques se mettent au régime. Le « downsizing » comme disent les Anglais, représente l’avenir immédiat de l’automobile. Si ce phénomène est récent, la recette ne l’est pas pourtant. Enfin si, en partie, mais la technologie a permis de l’améliorer. L’idée de base est simple : les constructeurs d’automobiles doivent se plier à des chiffres de consommation de carburant de plus en plus sévères. Pour ce faire, il faut donc construire de plus petits moteurs plus efficaces. C’est ainsi que nous voyons de plus en plus de mécaniques à injection directe de carburant. Cette technologie permet de pulvériser à haute pression une plus petite quantité de carburant dans le moteur, donc d’utiliser moins de carburant. La haute pression augmente aussi la puissance du moteur. Ajoutons à cela, dans bien des cas, un système de désactivation des cylindres comme celui de la Chrysler 300 ou de la toute nouvelle Audi S8. Quand vous atteignez votre vitesse de croisière, le moteur coupe 4 des 8 cylindres et consomme ainsi comme un petit moteur. Mais pour citer tous les infomerciaux de la planète, « il y a plus ». Plusieurs constructeurs ajoute aussi un système d’arrêt-démarrage qui stoppe automatiquement le moteur à un feu rouge, à un arrêt obligatoire ou chaque fois que le véhicule s’immobilise dans la circulation du matin. Si vous avez bien lu tout cela, vous devez vous dire que ces voitures doivent être d’un ennui mortel à conduire. Et pourtant…

bmw x1

Une vieille recette remise au goût du jour

Même s’il n’est pas récent, il y a un truc qui donne toute la magie à cette nouvelle approche. Bien des constructeurs reprennent la recette des moteurs turbo qui ont connu leurs heures de gloire dans les années 80 et suppriment les principaux inconvénients (fiabilité douteuse, surconsommation, etc.). La désactivation des cylindres permet d’économiser le carburant, et le turbo permet de conserver les performances. Cependant, cette équation est-elle possible ? L’injection directe de carburant et le turbo sont les deux éléments clés de cette technologie. Le premier permet une injection de carburant plus précise dans la chambre de combustion : le mélange air-carburant est donc plus homogène, la combustion, améliorée, et le rendement du moteur, optimisé, ce qui permet de réduire la consommation. Le turbo, pour sa part, permet des montées en puissance, si nécessaire, mais demeure au repos à bas régime et à vitesse de croisière. La solution du turbo à injection directe de carburant qui a révolutionné le monde des moteurs Diesel dans les années 90 est en passe de faire de même avec les moteurs à essence.

Aucun sacrifice sur la puissance

Presque tous les constructeurs se sont mis ou se mettront à l’heure des motorisations turbo. Les exemples sont déjà nombreux. BMW est retournée au moteur à 4 cylindres sous le capot du X1; il s’agit d’un 2litres turbo de 241 chevaux. Dès l’an prochain, cette même mécanique fera son entrée sur le modèle Z4 et la prochaine génération de la Série 3 et poursuivra sa route dans plusieurs autres modèles de la famille. Ford offrira également le même moteur dans sa Focus, son Edge, son Explorer. Des entreprises comme Ferrari songe à remplacer des V12 par des V8 turbo. Audi a déjà fait le saut en éliminant le moteur V10 du catalogue pour le remplacer par un V8 biturbo. Les résultats sont impressionnants. Vous avez 520 chevaux avec le petit V8 de 4 litres en lieu et place des 450 chevaux du V10 de 5,2 litres atmosphérique. La consommation de carburant annoncée est de 10,2 litres aux 100 kilomètres avec le V8 turbo alors qu’elle était de 13,4 litres aux 100 kilomètres avec le V10. Non seulement ne perdez-vous rien au change, mais vous avez plus de puissance pour moins de consommation. BMW arrive à produire la même puissance avec un petit 4cylindres de 2 litres qu’avec son 6cylindres en ligne de 2,8 litres.

Et pour l’avenir

Avec le raffinement des moteurs et, éventuellement, des carburants, les constructeurs pourront poursuivre sur cette lancée pour quelques générations de moteurs. Il faudra faire des trous d’injecteurs de plus en plus fins pour utiliser moins de carburant et des carburants exempts d’impuretés (pour ne pas bloquer les injecteurs de plus en plus petits). Avec ces avancées technologiques, les voitures seront de plus en plus propres sans perdre de puissance et tout en offrant le même agrément de conduite. Il sera intéressant de constater jusqu’où les constructeurs pourront repousser les limites du réalisable.

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