Kamerhe photographié sous son vrai jour

Tous ou presque savent que la majorité des RDCongolais n’est pas encore prête à suivre Vital Kamerhe, qui croyait charmer tous après son départ du camp présidentiel et son entrée dans les rangs de l’opposition -la diaspora RDcongolaise de la Belgique a sérieusement perturbé sa conférence de presse du week-end dernier à Bruxelles et l’a contraint à une clandestinité momentanée. Mais peu ignore comment les chancelleries et les capitales occidentales perçoivent son image. Un rapport secret de l’ancien ambassadeur des Etats-Unis à Kinshasa, William Garvelink, transmis en 2009 à Washington via câble et publié par Wikileaks dresse un portrait peu reluisant du président de l’Union pour la nation congolaise -UNC.

Kamerhe le tribun, …  le nouvel opposant -boudé dans son nouveau camp- trame aussi une vilaine image, répugnée par certaines -chancelleries- occidentales. C’est l’une de nombreuses révélations du site Wikileaks, propriété de l’Australien Julian Assange dont quelques extraits du rapport – de l’ambassadeur Garvelink ont été repris par le quotidien belge Standaard dans une de ses récentes éditions. Personne n’aurait peut-être jamais pris connaissance de ce rapport si la presse belge n’avait pas publié des articles faisant part des pressions qu’aurait subies l’ancien président de l’Assemblée nationale avant sa déchéance du perchoir. Cette information en cachait une autre: celle liée à l’image de Kamerhe dans certaines capitales occidentales et qui explique la réticence des RDCongolais de la diaspora à adhérer à son nouveau combat.
Le câble diplomatique de Garvelink obtenu par Wikileaks est naturellement rédigé en anglais. Sa traduction en français donne quatre, photographies en clair, grandeur nature de l’ex-speaker : qualités qui ne collent pas à la réalité. Corrompu et détourneur. Assoiffé du  pouvoir à la recherche des profits personnels. Et, enfin, menteur. Première séquence: Kamerhe n’est pas ce qu’il paraît. «Quoique Kamerhe se soit bâti une  image positive au sein des milieux politiques congolais ainsi que d’importants observateurs étrangers de la scène politique congolaise, sa réputation cependant, est loin de  refléter la réalité en tant que leader démocratiquement moderne. Des personnalités avec lesquelles nous sommes entrées en contact déclarent qu’il est compromis, parce qu‘aveuglé par son ambition d‘occuper un jour le fauteuil». Autres charges et c’est la deuxième séquence du feuilleton:«Nombreux sont ceux qui sont d’avis que c’est lui qui est à la base du blocage des enquêtes initiées sur des détournements des sommes considérables d’argent qui lui sont imputés alors qu’il assumait les fonctions de président de l’assemblée nationale. Ses ennemis l’accusent -accusations que nous ne sommes pas encore – en mesure de -recouper- de fomenter les germes de conflits qui déchirent les provinces du Nord et du Sud- Kiwi -en tant que natif du Sud-Kivu, il est très influent dans la partie orientale de la RDC, faisant tout pour affaiblir politiquement Kabila ». Ici commence la troisième strophe du psaume anti-Kamerhe : « Selon certaines sources, il aurait même financé Laurent Nkunda dans la perspective de déséquilibrer Joseph Kabila. Que toutes ces allégations soient vraies ou fausses, des ressortissants de la partie Est du pays avec qui nous nous sommes entretenus affirment que Kamerhe s ‘emploie à mentir et ce, fréquemment en vue d’obtenir des avantages politiques». Et voici la bourde: «La semaine dernière il raconté à un représentant de l‘Union Européenne qu‘il devait démissionner parce que les Etats-Unis le lui avait demandé. Au cours d’une conversation que nous avions eue avec lui- la semaine dernière, il a commencé par nier avoir jamais fait une telle déclaration, en affirmant que Kabila et s es fans propageaient des rumeurs malicieuses, selon lesquelles, les Etats-Unis seraient contre lui». Une véritable mise à mort. Et ce n’est pas tout. Wikileaks n’a fait livrer à une large partie de l’opinion ce que les branchés savaient déjà. Pour ces raisons, et pour d’autres encore, l‘ancien pacificateur -surnom que Kamerhe s’était donné pour damer le pion à Kabila au moment de grandes négociations, menées par lui-même et Kengo wa Dondo, avec les voisins, pour ramener la paix à l’Est du pays, ne manque pas l’occasion de se montrer connaisseur des dossiers. Ce qui, du point de vue de ceux qui, hier et aujourd’hui encore, combattent la coalition au pouvoir, équivalait à un soutien tous azimuts aux actions de Joseph Kabila. Ainsi, l’image de menteur dont parle Wikileaks n’est pas le fait que des ambassadeurs. Elle est d’abord -liée à l’homme lui-même. D’ailleurs, il l’a reconnu au cours de sa dernière tournée d’implantation à Goma et Bukavu où il a clairement clamé haut et fort avoir menti la population pour faire élire Kabila.

Or, la vérité est que Kamerhe est considéré comme un menteur par ses propres électeurs qui n’ont rien vu venir des trois années passées à la tête de la chambre basse. Ni investisseurs, ni délégation quelconque n’a foulé le sol de la province du fait de l’honorable député. Et la diaspora RD-congolaise n’a pas hésité à lui faire honneur en perturbant très sérieusement sa dernière conférence 6e presse à Bruxelles. Une fois de plus, comme pour confirmer cette image de mei3teur qui lui colle à la peau, les images ont été censurées, ne montrant que le bon côté des choses. Pas reluisante dans ces cas la photo de Kamerhe dans les chancelleries occidentales.
Achille Kadima Milamba
Adelard Obul Okwess

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