Décameron / Boccace

Le Décameron / Boccace. – Folio classique

Le Décaméron (du grec δέκα, déca, dix, et ἡμέρα, hêméra, jour) est un recueil de cent nouvelles écrites en italien par Boccace entre 1349 et 1353.

J’avais envie de changer de siècle, car oui les classiques ce ne sont pas que les livres écrit au 19e siècle ;)

C’est une œuvre que personnellement je n’ai pas lu d’une traite, même si certaines journées sont plus agréables à lire en fonction des thèmes abordés, car c’est la spécificité du Décameron c’est de passer de l’érotique au tragique.

Il a été écrit à l’époque en italien et non en latin comme il était d’usage, ce qui donna naissance à la prose italienne de la Renaissance.

Résumé :

Afin de fuir l’épidémie de peste noire qui ravage la ville de Florence en 1348, dix jeunes gens se réunissent : sept femmes et trois hommes en situation inédite aussi pour l’époque, à savoir aucun chaperon avec ce groupe de personnes. De même, Boccace se contente de mettre en scène des personnages types : le curé, l’amoureuse désespérée, le mari trompé, etc.

Pendant plus de dix jours, tout va tourner autour des récits et d’autres plaisirs que sont la danse, la nourriture…

Premier jour : Reine — Pampinea : « Où l’on parle de ce qui sera le plus agréable à chacun. »

Deuxième jour : Reine — Filomena : « Où l’on parle de ceux qui, tourmentés par le sort, finissent au-delà de toute espérance par se tirer d’affaire. »

Troisième jour : Reine — Neifile : « Où l’on parle de ceux qui, par leur ingéniosité, ont obtenu ce qu’ils voulaient, ou ont retrouvé ce qu’ils avaient perdu. »

Quatrième jour : Roi — Filostrato : « Où l’on parle de ceux qui eurent des amours se terminant par une fin tragique. »

Cinquième jour : Reine — Fiammetta : « Où l’on parle des fins heureuses terminant des amours tragiques. »

Sixième jour : Reine — Elissa : « Où l’on parle de ceux qui évitent dommage, danger ou honte par l’usage d’une prompte réplique. »

Septième jour : Roi — Dioneo : « Où l’on parle des tours que les femmes, poussées par amour ou pour leur salut, ont joué à leurs maris, conscients ou non. »

Huitième jour : Reine — Lauretta : « Où l’on parle des tours que les femmes jouent aux hommes et vice versa, ou que les hommes se jouent entre eux. »

Neuvième jour : Reine — Emilia : « Où chacun parle de ce qui lui est le plus agréable. »

Dixième jour : Roi — Panfilo : « Où l’on parle de tous ceux qui agirent en amour ou autre circonstance avec libéralité ou magnificence. »

Chaque histoire met en scène des personnages tirés de la vie de tous les jours  (marchands, notaires, banquiers, artisans, gens du peuple, paysans … mais on rencontre aussi des rois, des chevaliers, des personnages de l’histoire) au moyen de registres variés (comique, pathétique, tragique, héroïque, grotesque…)

 Critique :

Boccace a inventé des noms farfelus, pour « protéger » des personnes et nous décrit l’endroit où ils se réfugient comme une sorte d’Eden terrestre. La nature d’ailleurs tient une place prépondérante dans les divers récits. Le côté idyllique de cette « retraite » est clairement opposé à la maladie qui ravage en réalité la ville.   C’est un pur exemple de la figure de style qu’est l’antithèse, tournure majeure du Décameron.

Une autre constante, est la structure répétitive des journées : chacune d’entre elles est introduite par un paragraphe qui situe l’action et indique qui est le Roi et la Reine.  Le roi choisit un thème qui sera développé dans les récits des autres personnes.

L’important pour Boccace c’est l’être humain et comment il interagit avec les évènements auquel il est confronté. C’est aussi une bonne représentation de  la société bourgeoise qui se met en place à la Renaissance.

Livre dédié aux femmes qu’il place dans la plupart de ses récits, en faisant leur éloge ou non, mais c’est aussi une satire féroce contre les mœurs du clergé.

L’auteur :

Giovanni Boccaccio est un écrivain italien né en 1313 et mort en 1375.

En 1348, Boccace assiste au ravage que la peste provoque dans toute l’Europe. C’est peut-être cette pandémie qui le décide à rédiger son chef-d’œuvre : le Décaméron. L’œuvre est un succès et se propage très largement après 1353. Elle lui vaut la reconnaissance de ses pairs.

Si Dante est considéré comme le fondateur de la poésie italienne, Boccace est généralement admis comme le créateur de la prose italienne.

Cet homme qui connu les cours prestigieuses de Naples et de Florence, mourut dans la misère dans son village natal.

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