J’ai souhaité poursuivre ma découverte de Will Eisner avec sa trilogie du Bronx car elle commence par un récit très personnel de l’auteur, bien qu’adapté de la réalité car trop douloureux à transmettre entièrement. Il me faisait aussi imaginer découvrir une vision de la vie des familles juives immigrées et cela m’intéressait beaucoup.

11139025b667c1f6014a3b9d02826929« Cet ouvrage est la réédition très attendue de ce qui demeure l’oeuvre majeure d’Eisner. Cette nouvelle édition est augmentée de plusieurs textes signés notamment de Scott McCloud (L’Art invisible) et de Will Eisner lui-même.

Au 55, Dropsie Avenue, dans le Bronx à New York, il y avait cet immeuble. Dans ces appartements vivaient les familles de petits fonctionnaires, ouvriers et autres commis… tous occupés à élever leur progéniture et à rêver d’une vie meilleure.

Les histoires recueillies dans cet ouvrage décrivent la vie telle qu’elle était dans ces immeubles, pendant les années 1930. Ces histoires sont toutes véridiques. »

Un pacte avec Dieu est ce qu’il est grâce à l’un des récits qui le composent, le récit éponyme. On y rencontre Frimm Hersch, un personnage aussi attachant qu’il est immensément détruit par la mort de sa fille. Pourtant, il a fait tout ce qu’il pensait devoir faire pour répondre aux attentes de Dieu, et tout le monde lui disait qu’il était avec lui. Alors pourquoi la mort d’une jeune fille qui commençait à peine à vivre ? L’histoire est très touchant et l’on ne peut qu’imaginer la peine de Will Eisner en l’écrivant et en la dessinant. C’est vraiment pour moi (et pour d’autres je pense) le récit clé de ce livre.

Les autres récits montrent la vie quotidienne dans l’avenue Dropsie en suivant plusieurs personnages : le chanteur de rue qui n’arrive pas à trouver de travail, l’ancienne diva qui se rêve une nouvelle gloire, le concierge intimidant qui va être victime de ses pulsions mal placées mais aussi du jugement intransigeant des locataires, une enfant qui aura peut-être compris la déformation de l’adage la faim justifie les moyens (mais ça reste carrément glauque), de jeunes gens à la recherche de fiançailles avec avantages pécuniers si possible, la violence envers les femmes, aussi.

Un ensemble de personnages et de situations qui rendent le livre à la fois passionnant et terriblement triste. On se sent comme dans un film noir, enthousiasmés par l’ambiance et le dépaysement mais bien contents de revenir ensuite dans notre réalité. Will Eisner transcrit une société malade de ne pouvoir vraiment vivre, une société qui a besoin de croire en de meilleurs lendemains mais qui ne choisit malgré tout pas toujours le bon chemin. On réalise à la lecture qu’à tout bon visage on attend d’en voir apparaître le côté sombre. Comme l’avenue Dropsie, qui possède les deux.

Un premier volet absolument remarquable ! Pour découvrir mon avis sur la suite de la trilogie, je vous donne rendez-vous mardi prochain !

Pour en savoir plus

 

Et vous, quelle littérature sur les années 1930 conseillez-vous ?

Deux Minutes

Tic. Tac. 2 Minutes.

Je suis dans une cuisine, je prépare quelque chose. Une tarte ? Un gâteau ? J’entends des « Maman ! Maman ! » Je sors et je les vois. J’éclate de rire. Il la poursuit avec le jet d’eau, la laisse s’approcher, puis l’arrose dès qu’elle est trop près, et je les vois rire. Il fait beau, je vois de la fumée un peu plus loin sortant d’un barbecue et je rentre dans la maison pour finaliser ce qui semble être le repas, le sourire aux lèvres.

Tic. Tac. 1 minute 30.

Je suis dans une voiture, je conduis et j’ai un kit main libre sur les oreilles. Je négocie :

– Oui Katia, je sais, c’est la troisième fois cette semaine que je suis en retard pour venir la récupérer… Mais comprenez que si je suis en retard, c’est que j’ai un travail, et que si je n’ai plus de travail, vous aussi vous n’en avez plus…

Pause. Puis je reprends:

– Oui je serai là dans 10 min, mais je souhaite arriver chez vous en un seul morceau donc je vais raccrocher.

Je ne lui laisse pas le temps de répondre et je raccroche. En fait se sera plutôt 30 minutes. Je marmonne : « Et oui chère Katia, ton mari est peut être au chômage, mais au moins vous, vous êtes deux, et du coup, tu n’as pas besoin de nourrice pour tes enfants ».

Tic. Tac. 1 minute.

Je suis dans un bureau, aseptisé, en haut d’une tour, il fait nuit. Je prends mon téléphone et j’appelle.

– Oui c’est moi, ça va ? Elle est couchée ?

Bien sûr qu’elle est couchée…Il est 22h00 passé, tu me prends pour un père indigne ? Et moi je ne vais pas tarder non plus d’ailleurs.

– Je dois finir mon rapport donc… Ne m’attends pas.

– Comme d’habitude…

J’entends un soupir et la voix reprend.

– Ecoute, un moment donné il faudra faire un choix, c’est juste la troisième fois cette semaine. Au lieu de t’entêter à vouloir sauver le monde, peut-être qu’il faudrait commencer par vouloir sauver ce que tu as autour de toi: nous, en l’occurrence!

– Chris, ce n’est pas le moment, je ne veux pas avoir cette conversation encore avec toi. Pas maintenant. Pas ce soir.

– Ok, très bien. Rentres ou dors à ton boulot, peu importe, je ne te verrai pas ce soir dans tous les cas.

– Chris…

La ligne se coupe. Je me vois lutter contre les larmes, mais je ne bouge pas. Je ne m’apprête ni à sortir ni à essayer de le rappeler. Je me vois juste reprendre l’ordinateur devant moi, prendre une grande respiration et mes mains commencer à écrire sur le clavier.

Tic. Tac. 30 secondes.

Je suis dans une petite pièce, entrain de plier un clic clac. Je suis dans une chambre ? Un salon ? Je me déplace dans ce qui a l’air d’être chez moi, c’est minuscule. Je vais dans la cuisine et ouvre des placards. Ces placards sont vides. Je vais dans une chambre, une chambre d’enfant, et je commence à faire le lit. Une horloge au mur indique 15h30 et je me dis alors que j’ai encore une heure avant d’aller la chercher à l’école et de trouver une solution pour le repas de ce soir.

Tac. 0 seconde.

Un timer sonne. Le médecin se lève et prend le test dans ses mains. Il m’annonce le résultat : « C’est négatif ».

Je ne réagis pas. Pas de soupir, pas de sourire, aucun mot ne sort de ma bouche.

– Mademoiselle ?! Ça va ? Vous êtes contente ?! C’est négatif, vous n’êtes pas enceinte.

Je reviens d’un coup à la réalité et lui réponds :

– Oui, oui, ça va merci. De toutes manières ce n’était pas le moment pour avoir un enfant.

Où nous étions pendant tout ce temps

Une bonne année à toi, oui toi, qui est en train de lire notre nouvel article de blog qui était censé être écrit depuis au moins un siècle !

Bon, je t’avoue cette fois nous n’avons pas énormément d’excuses pour notre retard sur le blog, à part peut-être le fait qu’on vit notre meilleur vie Ewan et moi, ce qui explique pourquoi le blog nous sortait parfois de l’esprit !

Et si je te faisais un petit récap en deux trois phrases pour te dire ce qu’il s’est passé depuis le mois d’Octobre 2018 ?

Allez c’est parti !

On a eu la chance de rencontrer Kevin Keegan (légende du football anglais des années 70-80) lors d’une séance de dédicace. Ensuite nous sommes allés pour la première fois dans la ville de Winchester (capitale du Royaume d’Angleterre il y a environ 500 ans pour situer), puis nous sommes allés à Londres notre ville d’amour !

Plutôt que de détailler en expliquant ces trois petites choses, je vous les résume en trois photos afin qu’on puisse passer à la suite !

Après tout cela, nous sommes restés un petit moment dans le cœur de Southampton dû au fait que j’avais des « assignments » à rendre. Plus précisément, ce sont en général des essais en anglais que je dois rendre en ligne avant la « dead line », date limite.

C’est là que j’ai constaté qu’il y avait une différence flagrante entre la France et l’Angleterre en termes d’examens, de contrôles continus et même d’enseignement.

En France lorsque l’on est étudiant nous avons soit des contrôles continus soit des partiels en fin de semestre. Ici en Angleterre, ce sont des « Assignments » que l’on doit rendre tout au long du semestre puis à la fin, vers le mois de janvier, nous avons quelques examens.

Pour que vous puissiez voir à quel point étudier en Angleterre est magique, je vais parler de la façon dont l’enseignement est transmis.

L’Université dans laquelle j’étudie à Southampton m’a agréablement surprise car elle a une manière d’enseigner qui est à la fois si différente de la France et qui me correspond beaucoup mieux. Déjà, c’est toi seul qui choisit les cours que tu vas étudier, ensuite on te pousse à apprendre et à te cultiver par toi-même. En fait, le but est celui que l’on fasse de toi quelqu’un d’indépendant, d’autonome, qui a de la réflexion, du recul et qui peut s’exprimer à l’écrit dans les essais à travers des sujets que tu as choisis. Pour résumer, on te pousse à grandir et à dépasser tes limites. En plus de tout cela, les profs sont extrêmement à l’écoute, ils te poussent tous à réussir et sont autant passionnants que souriants. Autant dire que je n’ai aucune excuse pour ne pas réussir mon année d’étude ici ! D’ailleurs j’ai déjà eu plusieurs notes qui sont pour l’instant toutes très bonnes, alors croisons les doigts ensemble pour la suite !

Aussi, je ne vais pas oublier de parler du fait que l’on n’a que 10h de cours par semaine ce qui n’est RIEN en comparaison avec mes 19h hebdomadaires des deux premières années, on ne va pas se le cacher ! Donc pour les soirées, les sorties, les visites etc. c’est quand même assez pratique !

Bon, je sais que l’on a suffisamment parler d’études, alors pour ne pas t’endormir, je vais te parler de la merveilleuse ville de Bath que l’on a visité il y a peu avec des amis !

WARNING → Par contre, il faut que tu saches que la ville de Bath est extrêmement belle, d’autant plus qu’on l’avait visité lors de la période de Noël, alors attention aux yeux susceptibles d’être trop fragiles pour ce qui va suivre !

Avant de montrer Bath en image, tu vas me demander : « Mais où est ce que c’est Sophie ?? ». Pas de problème, pas de problème Sophie à la rescousse, c’est situé à 1h40 de Southampton vers le Nord-Ouest.

Petit truc utile : Tu n’as pas de boussole ? Ton téléphone n’a plus de batterie ? Les gens autour de toi t’ignorent, et tu es perdu ? Pas de problème, j’ai LA solution ! Pour toujours te rappeler où se situe le Nord, Sud, Est, Ouest, je vais te donner une astuce que la majorité des anglais utilisent pour toujours s’en rappeler, ils disent tout simplement cette petite phrase magique :

‘Never Eat Shredded Wheat’ → “North East South West”

Cette phrase signifie en gros « Ne jamais manger de blé déchiqueté » ce qui n’a aucun sens mais les « Shredded Wheats » sont un genre de céréales. Après ça, tu as juste à suivre le sens de l’aiguille d’une montre en la lisant. Maintenant plus aucune excuse pour être perdu !

Comme je t’ai promis, voici quelques photos de notre virée à Bath avec nos amies Tash, Megan et Flo !

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Cette ville peuplée d’environ 90 000 personne n’est pas si grande mais reste absolument magnifique et est débordante de charme. D’ailleurs, elle est également très réputée pour ses sources chaudes, ses pierres de couleur jaunâtres et son architecture géorgienne datant du XVIIIe siècle !

Voilà, j’espère que cet article t’a plu et qu’il t’a aussi un minimum intéressé ! Comme il reste des tas de choses à dire depuis Bath jusqu’à aujourd’hui, nous avons décidé avec Ewan de diviser cet article en 2.

On se retrouve très bientôt sur le prochain article d’Ewan,

Plein de bisous à toi et merci d’avoir lu jusqu’ici !

Love,

Sophie

Cet été Taizé, vous

Flyer d’invitation au voyage à Taizé – lien Viens vivre une semaine exceptionnelle en co