Indice des feux – Antoine Desjardins

Indice des feux – Antoine Desjardins

Editions La Peuplade – 21 Janvier 2021

Je remercie Julien Delorme et les Editions de La Peuplade pour cette lecture.

Résumé

Soumise à la frénésie incendiaire du XXIe siècle, l’humanité voit sa relation au monde déséquilibrée et assiste avec impuissance à l’irréversible transformation de son environnement.
Explorant cette détresse existentielle à travers sept fictions compatissantes, Antoine Desjardins interroge nos paysages intérieurs profonds et agités. Comment la disparition des baleines noires affecte-t-elle la vie amoureuse d’un couple ? Que racontent les gouttes de pluie frappant à la fenêtre d’un adolescent prisonnier de son lit d’hôpital ? Et, plus indispensable encore, comment perpétuer l’espoir et le sens de l’émerveillement chez les enfants de la crise écologique ?
Autant de questions, parmi d’autres, que ce texte illustre avec nuance et tendresse, sans complaisance ni moralisme.
Indice des feux peint les incertitudes d’un avenir où tout est encore à jouer.

Mon Avis

On sait puisque l’on voit, on entend. Les nouvelles tournent en boucle, les documentaires se succèdent, les scientifiques alertent. Bien sûr, on remarque que les climats se dérèglent, que les baleines et les dauphins s’échouent sur la plage, que les ours polaires se perchent sur des copeaux de banquise. Les fleuves débordent, les terrains glissent, les forêts brulent, les tempêtes se régalent. Les usines crachent de l’opaque et teintent les rivières, les plastiques flottent, les E-trucs et E-machins remplissent nos assiettes de jolies saveurs et de belles couleurs, les tee-shirts grattent les peaux, les jeans dégueulent leurs sables. Les gens meurent. Les animaux expirent.

On étouffe, on gèle, on crève de misères ou l’on se gave de trop-pleins. Les enfants ont des leucémies, les bébés des anomalies. Certains pleurent l’eau pendant que d’autres la gaspillent. On pêche à outrance, on braconne, on transforme.

On sait, puis on part au travail, happés par l’urgence d’une vie qu’on dévore, yeux clos, allure vive ne sachant plus vraiment pourquoi l’on court, ni après quoi. On fait des enfants, on déménage, on divorce, on meurt. On oublie.

Elles sont sept, les nouvelles écrites par Antoine Desjardins. Sept histoires liées par la commune idée de cette vie dont le sens se heurte au gâchis. Un adolescent se meurt dans une chambre d’hôpital face à la pluie qui occupe les conversations, la terre qui déraille, un monde sans perspective. Un couple attend son premier enfant quand les baleines disparaissent, un homme … non, je ne vous en dirais pas davantage. Il faut lire ce recueil riche dont chaque récit fait écho à notre quotidien et à nos manquements. L’essentiel s’immisce finement dans le superflu rappelant à chacun l’importance des relations humaines, de l’amour, de la filiation et les conséquences de nos actes quels qu’ils soient. Aucune leçon de morale néanmoins, mais un texte sur une nécessaire prise de conscience sur ce qui nous entoure et sur ce qu’il se passe à l’échelle de la planète.

Une lecture forte de grande qualité. 

Laza Lazarević – Au puits

C’est une bien agréable découverte littéraire qu’il m’est donné de partager avec vous aujourd’hui. Ecrites par Laza Lazarević vers 1880, les cinq nouvelles présentées dans ce petit recueil récemment publié aux Editions Gingko, Au puits, nous font faire un voyage vers la Serbie de la seconde moitié du XIXème siècle, plus précisément dans le monde rural.

[ProjetOmbre #09] Célestopol – La Douceur du Foyer

d’Emmanuel Chastellière | ed. Libretto | Steampunk | Nouvelletirée du recueil Célestopol Céles

D’un jour à l’autre 472 : Constat

J’ai 72 ans ; jour après jour, le soleil se couche doucement sur cette vie.

Un jour, il y a bien longtemps, l’évidence toute simple s’est faite jour :

« Il n’y a qu’un seul problème dans ta vie : moi ». 

Et je me suis mis en quête de ce « moi ».

Longtemps après l’autre évidence s’est faite jour :

« moi » est un membre fantôme.

Et de ce constat est née une pratique exigeante :

voir la vacuité « Je Suis », goûter l’irréalité du moi

Sans rêver Ici maintenant ;

car il y a bien encore la sensation tout à fait réelle de ce membre fantôme.

Et ce membre fantôme vit encore souvent à ma place.

Quant à la pratique elle s’est simplifiée en me simplifiant, si simple même !

Mais loin d’être facile :

Ressentir le moindre vécu « moi » ;

connaître « je suis moi » et « Je Suis. »

Savourer : « Je » n’est pas « moi ».

Pratiquer, ici et maintenant :

laisser être « moi » sans l’être.

Le laisser être sans l’actualiser ;

voir le rôle sans le jouer.

Plus d’acteur pour l’incarner.

Instant après instant, se rendre disponible au :

laisser venir et aller « moi » sans lui servir le thé,

Comme aurait dit Shunryu Susuki  .

Alors seulement

l’incarnation

Dans sa forme unique,

rayonne l’Origine

Swami atmananda Udasin :

Pourquoi changer ce mental qui n’est pas le vôtre ?

Belle semaine

François.